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Hanna Martikainen : École Supérieure d'Interprètes et de Traducteurs (ESIT), Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3
Nous partagerons dans cette communication notre expérience de la mise en place d’apprentissages expérientiels et collaboratifs dans un cours de traduction automatique (TA) et post-édition dispensé dans le cadre d’un master en traduction spécialisée.
Cette approche est mise à profit dès le module d’introduction, qui vise à familiariser les apprenants avec les principes de fonctionnement de la TA et les bases de la post-édition, à les sensibiliser aux différences entre textes traduits et post-édités et à les initier à l’évaluation de la TA. L’apprentissage est axé sur des exercices individuels de traduction et post-édition et, surtout, sur l’exploitation en groupe des textes issus de ces exercices, notamment pour mettre en lumière les différences entre les textes résultant de ces deux processus traductifs et pour élaborer une grille d’évaluation de la TA. L’approche collaborative et expérientielle est aussi adoptée dans le dernier module du cours qui a pour but d’approfondir les acquis par des projets en groupes.
L’objectif est de mener un projet en autonomie afin d’apporter une réflexion argumentée sur un sujet en lien avec la pratique et l’évolution des métiers de la traduction pragmatique en explorant, au choix, un flux de traduction augmentée, la TA interactive et adaptative, le fonctionnement de la TA ou encore l’alimentation terminologique d’un moteur. Ces apprentissages visent à autonomiser la prise en main des outils et constituent aussi une initiation à la recherche.
Le numérique modifie en profondeur le fonctionnement de nos sociétés, en particulier le domaine de la traduction, notamment du fait de l’émergence actuelle de la traduction automatique neuronale. Certes, comme l’a déclaré un traductologue-praticien, « la technologie ne remplacera pas les traducteurs, mais les traducteurs qui utilisent la technologie remplaceront ceux qui ne l’utilisent pas ». La traduction automatique rime avec postédition, comme étape nécessaire à la qualité livrable, ainsi qu’avec les mémoires de traduction et autres logiciels faisant du traducteur humain un « traducteur outillé ». Les avancées technologiques de la profession ont suscité de nombreux travaux de recherche traductologiques; elles questionnent aussi les formateurs en traduction, soucieux d’offrir des programmes à la fine pointe et de préparer les cohortes étudiantes aux transformations du monde du travail.
En parallèle, le récent recours « obligé » à l’enseignement en ligne a éveillé ou renouvelé l’intérêt pour des questions didactiques de fond en faveur de l’innovation pédagogique. On peut s’attendre à ce que de nouvelles formes de prestations, hybrides ou comodales, en complément à l’enseignement à distance, soient désormais davantage en demande. Se pose donc avec plus d’acuité la problématique maintes fois soulignée du nécessaire arrimage de la formation en traduction avec les acquis des sciences de l’éducation, sans oublier la prise en compte de la conscientisation actuelle touchant l’inclusion et la diversification des apprentissages.
Sous l’angle des innovations, le colloque vise à explorer deux grandes facettes concernant la formation en traduction : l’optimisation des divers modes de prestation en ligne ou en présentiel et l’intégration efficace de la traduction automatique et autres outils technologiques dans la formation et les activités d’apprentissage. D’autres aspects concernant l’optimisation de la formation professionnelle pourront aussi être considérés pour ce colloque.
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