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Annie Pullen Sansfaçon : Université de Montréal
Grâce à la mise en place de mesures de soutien scolaires inclusives comme le programme SOGI 123 dans l’Ouest canadien, la stigmatisation, la discrimination et la violence envers les élèves des minorités sexuelles et de genre ont diminué, mais demeurent. Au cours des dernières années, la recherche montre les effets néfastes de la discrimination et de la violence sur la santé des jeunes transgenres ou non binaires (TNB). Toutefois, la plupart des études n’abordent pas la perspective intersectionnelle. Les jeunes transgenres et non binaires des communautés noires, autochtones ou de couleur peuvent être victimes de racisme et de discrimination sexuelle.
Nous avons utilisé les données d’une enquête nationale menée en ligne en 2019 en français et en anglais sur la santé des jeunes transgenres et non binaires canadiens pour nous attarder sur les 390 participants (26 %) qui se sont déclarés comme PANDC. Six différents types de discrimination et de violence ont été utilisés comme variables explicatives de la santé physique et mentale perçue, des indicateurs distincts de la santé mentale et de renonciation aux soins de santé.
Dans cette présentation, nous discuterons de la nécessité de doter les programmes et les politiques qui soutiennent les jeunes TNB d’une approche intersectionnelle afin d’éviter de les marginaliser davantage parmi les PANDC.
Depuis une dizaine d’années, les jeunes trans et non-binaires (TNB) sont de plus en plus visibles au Québec, tant dans les médias, les politiques d’organismes qui les desservent que la société civile. En 2016, le Code civil et la Charte des droits et libertés de la personne ont été modifiés, notamment pour permettre aux mineurs trans d’obtenir un changement de la mention de sexe sur l’acte de naissance et protéger explicitement l’identité de genre contre les discriminations. En 2017, c’était au tour du gouvernement fédéral de légiférer en ajoutant des dispositions tant au Code criminel qu’à la Charte canadienne des droits de la personne afin de mieux protéger l’identité et l’expression de genre. Ainsi, les jeunes trans sont non seulement plus visibles, mais aussi mieux protégé‑e‑s légalement. Cela dit, les situations d’exclusion, de violence et de non-reconnaissance perdurent, et les jeunes TNB continuent à vivre des situations d’adversité qui compromettent leur bien-être et leur inclusion; le projet de loi no 2 déposé en novembre dernier par le gouvernement québécois en est un exemple éloquent.
Au-delà des perspectives individualisantes, biologisantes et psychologisantes que l’on trouve dans une large proportion des écrits sur le sujet, il s’avère que ces difficultés, et particulièrement en matière de santé mentale, ne sont pas inévitables. En effet, des stratégies individuelles et collectives sont déployées par les personnes et les communautés concernées pour améliorer leurs conditions de vie, ce qui met en lumière leurs forces et leurs capacités d’autodétermination. À cela s’ajoutent des pratiques innovantes qui émergent des milieux scolaires et d’intervention pour offrir des réponses sociales adaptées aux besoins des jeunes TNB et de leurs familles.
Ce colloque offre l’occasion de croiser les savoirs et faire un état des connaissances pour mieux comprendre les situations vécues par les jeunes TNB et leurs familles pour mieux intervenir. Il vise non seulement à se pencher sur les expériences vécues par les jeunes TNB, mais aussi la manière dont les interactions entre ces jeunes et leur environnement modifient leur expérience, et plus spécifiquement le rôle essentiel que jouent les familles au sein de ces dynamiques. À travers cette activité de diffusion et de réseautage, nous proposons ainsi le développement d’une compréhension globale de l’expérience des jeunes TNB, en prenant en compte l’ensemble des enjeux sociaux, structurels et relationnels auxquels iels font face.
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