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Mathé-Manuel Daigneault : Université de Montréal
Nous savons que les jeunes trans et non-binaires (TNB) peuvent vivre plus d’enjeux que les jeunes de la diversité sexuelle lorsqu’il est question de bien-être (Grossman et al., 2016). Les expériences de discrimination, le manque de soutien et reconnaissance expliquent en grande partie ces enjeux (Pullen Sansfaçon et al., 2021; Williams et al., 2021). En contrepartie, la fierté identitaire ressentie et le sentiment d’appartenance communautaire sont d’importants facteurs de résilience chez les jeunes TNB (Cotton et al., 2021; Hendricks et Testa, 2015). Il apparait pertinent de se pencher sur la satisfaction qu’ont ces jeunes à l'égard de leurs relations interpersonnelles et de leur apparence, plus précisément sur la relation entre cette satisfaction et leur bien-être. Cette communication vient explorer ces associations et les comparer avec celles identifiées auprès de jeunes de la diversité sexuelle.
Pour ce faire, des données inédites de l’enquête de 2021 du Laboratoire inclusif de recherche et développement de l’Université de Sherbrooke seront utilisées. Un total de 469 jeunes LGBTQ+ de 14 à 19 ans (dont 313 jeunes TNB) ont complété le Satisfaction with life scale (SWLS) (Diener et al., 1985). Les associations entre trois items de satisfaction (relations amicales, avec la famille, apparence) et deux enjeux de santé mentale (dépression, anxiété) seront explorées.
Nous discuterons comment peuvent se déployer certaines stratégies visant à favoriser la résilience des jeunes TNB.
Depuis une dizaine d’années, les jeunes trans et non-binaires (TNB) sont de plus en plus visibles au Québec, tant dans les médias, les politiques d’organismes qui les desservent que la société civile. En 2016, le Code civil et la Charte des droits et libertés de la personne ont été modifiés, notamment pour permettre aux mineurs trans d’obtenir un changement de la mention de sexe sur l’acte de naissance et protéger explicitement l’identité de genre contre les discriminations. En 2017, c’était au tour du gouvernement fédéral de légiférer en ajoutant des dispositions tant au Code criminel qu’à la Charte canadienne des droits de la personne afin de mieux protéger l’identité et l’expression de genre. Ainsi, les jeunes trans sont non seulement plus visibles, mais aussi mieux protégé‑e‑s légalement. Cela dit, les situations d’exclusion, de violence et de non-reconnaissance perdurent, et les jeunes TNB continuent à vivre des situations d’adversité qui compromettent leur bien-être et leur inclusion; le projet de loi no 2 déposé en novembre dernier par le gouvernement québécois en est un exemple éloquent.
Au-delà des perspectives individualisantes, biologisantes et psychologisantes que l’on trouve dans une large proportion des écrits sur le sujet, il s’avère que ces difficultés, et particulièrement en matière de santé mentale, ne sont pas inévitables. En effet, des stratégies individuelles et collectives sont déployées par les personnes et les communautés concernées pour améliorer leurs conditions de vie, ce qui met en lumière leurs forces et leurs capacités d’autodétermination. À cela s’ajoutent des pratiques innovantes qui émergent des milieux scolaires et d’intervention pour offrir des réponses sociales adaptées aux besoins des jeunes TNB et de leurs familles.
Ce colloque offre l’occasion de croiser les savoirs et faire un état des connaissances pour mieux comprendre les situations vécues par les jeunes TNB et leurs familles pour mieux intervenir. Il vise non seulement à se pencher sur les expériences vécues par les jeunes TNB, mais aussi la manière dont les interactions entre ces jeunes et leur environnement modifient leur expérience, et plus spécifiquement le rôle essentiel que jouent les familles au sein de ces dynamiques. À travers cette activité de diffusion et de réseautage, nous proposons ainsi le développement d’une compréhension globale de l’expérience des jeunes TNB, en prenant en compte l’ensemble des enjeux sociaux, structurels et relationnels auxquels iels font face.
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