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Michael Bourdeau-Brien : Université Laval
La relocalisation planifiée est une stratégie de gestion du risque d’inondation qui s’inscrit dans un courant mondial de diversification des stratégies de gestion des risques d’événements climatiques extrêmes. L’idée principale est qu’en réduisant le taux d’occupation humaine dans les zones inondables, il est possible de réduire durablement le risque. Or, les programmes de relocalisation sont perçus par plusieurs comme étant des dépenses publiques inutiles et, en réaction, les autorités publiques tentent de justifier les décisions de relocalisation sur la base d’analyses de rentabilité financière. Or, une recension des écrits suggère que de nombreux coûts et incertitudes liés aux inondations sont régulièrement omis des analyses de rentabilité.
Cette recherche présente un cadre de calcul novateur pour estimer la rentabilité de programmes de relocalisation planifiée. Notre approche se base sur des simulations calibrées à partir de données réelles québécoises portant sur la distribution de hauteurs de submersion, ainsi que sur l’environnement bâti. Entre autres choses, nous mettons en relief l’importance de la vulnérabilité physique des bâtiments (et de l’incertitude sur le niveau de vulnérabilité), ainsi que l’impact des coûts autres que ceux de réparation et de reconstruction. Notre cadre de calcul peut être utilisé pour analyser la rentabilité de la relocation de quartiers entiers. Il permet aussi de considérer les conséquences de divers scénarios de changements climatiques.
DES RISQUES NATURELS SOUS-ESTIMÉS?
Le Québec, à l’instar d’autres régions du monde, fait face à un défi sans cesse croissant, celui de pertes économiques, et quelquefois de vies humaines, engendrées par des catastrophes naturelles. Pour les seules inondations, le gouvernement du Québec a instauré par décret en 2019 une zone d’intervention spéciale (ZIS) qui impose un moratoire sur la construction de bâtiments et sur la reconstruction de ceux qui ont été détruits par une inondation. Cela pose toute la difficulté d’appliquer une réglementation qu’il faudra, par ailleurs, parfaire. La multiplication des cartographies de zones inondables, par de nombreux acteurs, n’aide pas à convaincre. Elle montre surtout les limites d’une approche probabiliste sur les périodes de retour d’événements extrêmes.
Les changements climatiques vont exacerber d’autres risques, quelque peu sous-estimés. Les vagues de chaleur et les incendies de forêt constitueront les nouveaux défis pour les années à venir. Il est important de réviser les modèles de prévision, par rapport à ces risques, et de mettre en place des politiques de prévention et d’intervention rigoureuses.
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