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Jean-Martin Deslauriers : Université d'Ottawa
Les traumas interpersonnels représentent un phénomène auquel les intervenants sont confrontés dans différents contextes, mais sans nécessairement l’intégrer dans leur analyse. En effet, la victimisation des hommes demeure peu discutée et marquée par certains tabous. De plus, les hommes sont généralement souvent peu enclins à dévoiler les traumas vécus et à utiliser les services sociaux et de santé. Ils tendent à retarder la demande d’aide, même en situation de détresse. L’intervention auprès des hommes victimes de traumas interpersonnels représente un défi en raison des enjeux liés à l’alliance thérapeutique, de la complexité des manifestations cliniques qui entravent leur fonctionnement, de la méconnaissance des pratiques sensibles aux traumas ou des réalités spécifiques aux hommes, ou encore des besoins criants de cette clientèle. Cette conférence croise les spécificités de l’intervention auprès d’une clientèle masculine qui consulte en contexte de violence conjugale et les particularités des victimes de traumas interpersonnels. Des stratégies qui favorisent l’accès et l’engagement au processus d’intervention, ainsi que l’efficacité des interventions seront présentées.
Les violences interpersonnelles constituent une problématique sociale et de santé publique prioritaire. Les traumas en enfance (p. ex., violence psychologique, physique et sexuelle, intimidation, négligence, exposition à la violence interparentale), ainsi que la victimisation à l’âge adulte représentent un problème endémique associé à des répercussions à long terme et coûteuses sur le plan du bien-être psychologique, relationnel et sexuel des victimes. En raison de la socialisation genrée, les hommes victimes sont particulièrement touchés par un tabou quant à leur victimisation et à la demande d’aide. Par ailleurs, la violence en contexte de relations intimes commise par des hommes entraîne souvent des conséquences plus graves chez les victimes, d’où l’importance de mieux comprendre ses multiples déterminants et d’appuyer les organismes œuvrant auprès de cette clientèle. Les études mettent en lumière un large éventail d’antécédents et de répercussions liées à la violence (p. ex., représentations d’attachement, traumas en enfance et violence à l’âge adulte) qu’il est nécessaire de mieux cerner pour mettre en place de meilleures stratégies de prévention et d’intervention. Des activités de recherche partenariale avec des milieux de pratique sont nécessaires afin d’amener les connaissances scientifiques sur le terrain, et aussi afin de construire les études sur la base des besoins réels des acteurs sur le terrain. La recherche partenariale offre aussi un socle riche au développement et au déploiement de matériel d’intervention et de sensibilisation (p. ex., besoins des hommes victimes de violences interpersonnelles durant l’enfance, facteurs de risques liés à la violence interpersonnelle commise au sein de relations intimes). Il est aussi nécessaire de favoriser la formation, le réseautage et la mobilisation des connaissances afin d’orienter nos connaissances et nos réponses vers des mesures sociales, éducatives et d’intervention prometteuses en matière de violence.
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