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Comment les racines des plantes influencent-elles la matière organique du sol ?

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Vincent Poirier : UQAT - Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue

Résumé de la communication

Les racines des plantes contribuent de manière substantielle à la formation de la matière organique du sol (MOS), mais on ne sait toujours pas comment elles en influencent les mécanismes. En révisant la littérature sur l'écologie fonctionnelle des plantes et la science du sol, nous avons identifié 18 traits racinaires influençant les mécanismes de récalcitrance à la décomposition, d’occlusion dans les agrégats et d’interactions organo-minérales qui stabilisent la MOS. Les caractéristiques augmentant la récalcitrance des racines favorisent la stabilisation à court terme, mais celles qui réduisent la récalcitrance stabilisent la MOS à long terme par réaction des produits microbiens avec les surfaces minérales. Certains traits chimiques, symbiotiques et architecturaux favorisent la micro- et la macroagrégation. La distribution en profondeur des racines contrôle la stabilisation de la MOS dans les horizons profonds du sol; lorsque les racines atteignent ces horizons, d'autres traits influencent les interactions organo-minérales. Cette revue souligne la nécessité d'évaluer la décomposition des racines et la stabilisation du carbone racinaire de manière concomitante à long terme, en considérant simultanément la qualité de la litière racinaire, les produits microbiens et les propriétés de la matrice sol. Les informations colligées pourraient servir à évaluer le potentiel des espèces et des cultivars à promouvoir la stabilisation de la MOS d’après leurs caractéristiques racinaires.

Résumé du colloque

La résilience est la capacité que possède un écosystème, agricole ou forestier par exemple, à revenir à un état d’équilibre et à reprendre ses fonctions après une perturbation (p. ex., sécheresse, infestation par un ravageur). Avec les changements climatiques, une augmentation du nombre et de l’ampleur des perturbations est à prévoir, d’où l’importance d’avoir des systèmes résilients. Les systèmes racinaires sont multifonctionnels : en plus de permettre aux végétaux de s’ancrer au sol, de se nourrir et de stocker des ressources, ils contribuent à structurer le sol, à l’enrichir en matière organique, à établir la communication entre le microbiome du sol et la plante au moyen des exsudats racinaires et à réguler le cycle de l’eau et des éléments nutritifs. L’ampleur du rôle des racines dans le fonctionnement et la résilience des agroécosystèmes est encore méconnue. L’identité et les valeurs des traits racinaires à favoriser ne font pas consensus, ni la façon de les améliorer, soit par l’entremise de la génétique ou de la gestion des cultures et des sols. Finalement, le domaine de l’agronomie pourrait bénéficier des recherches réalisées à cet égard dans des domaines connexes comme l’écologie et l’agroforesterie. Un meilleur dialogue entre chercheur-e-s de ces divers domaines et disciplines pourrait améliorer notre compréhension de l’effet des traits racinaires sur le fonctionnement et la résilience des agroécosystèmes, et des leviers dont on dispose pour rehausser cette résilience, dans l’optique de faire diminuer la vulnérabilité des agroécosystèmes face aux impacts des changements climatiques.

Contexte

section icon Thème du congrès 2022 (89e édition) :
Sciences, Innovations, Sociétés
section icon Date : 12 mai 2022

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