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Jacinthe Savard : Université d'Ottawa
Malgré le fort taux de bilinguisme au Canada, on connait peu l’effet de la langue sur les soins. Afin de déterminer l’effet de la langue utilisée pour l’évaluation cognitive, 65 francophones bilingues âgés de ≥40 ans (88% vivant en situation linguistique minoritaire) ont rempli un questionnaire sociodémographique et participé à une téléconférence de 40 minutes au cours de laquelle le MoCA a été administré en anglais et en français dans un ordre aléatoire, le questionnaire de bilinguisme de Vallerand étant répondu entre les deux. Les participants ont obtenu, en moyenne, 1.17 point (ET: 2.49, étendue: -4 à + 8) de plus au MoCA en français qu’au MoCA en anglais. En utilisant le seuil de 26/30 habituellement utilisé pour dépister la présence d’atteinte cognitive légère, 18 % des participants ont obtenu un score sous le seuil seulement lors de l’administration du MoCA en anglais. L’âge, la fréquence d’utilisation de chaque langue et le niveau d’études n’ont pas eu d’impact significatif sur la différence des scores au MoCA. Par ailleurs, on observe une corrélation modérée avec la différence des scores au questionnaire de Vallerand. Ainsi, parmi les variables étudiées, le niveau de compétence linguistique perçu par les participants semble le meilleur indicateur du résultat au MoCA dans cette langue. Les limites liées à l’évaluation par vidéoconférence et à l’absence d’évaluation objective des compétences linguistiques seront présentées, accompagnées de pistes de recherche futures.
La recherche sur la santé des communautés de langue officielle en situation minoritaire (CLOSM) a pris son essor grâce à la feuille de route du gouvernement fédéral qui, depuis 2003, a soutenu le domaine de la santé en allouant une partie des fonds à la recherche par le biais de Santé Canada, du CNFS et du CHSSN, et grâce au programme stratégique CLOSM des IRSC de 2004 à 2012.
L’objectif de ce colloque est de présenter un état des lieux des connaissances acquises au cours des 20 dernières années sur les enjeux de santé en contexte linguistique minoritaire. Une question principale a animé tant les chercheurs que les utilisateurs de connaissances et pointe vers la nécessité de comprendre et d’évaluer les impacts du fait linguistique minoritaire sur la santé des populations et sur la qualité ainsi que la sécurité des services. Quelques postulats de recherche en ressortent : l’appartenance à une CLOSM constitue un déterminant de la santé; la discordance linguistique entre les professionnels et les bénéficiaires constitue un déterminant de la qualité et de la sécurité des soins; l’insécurité linguistique nuit à la demande de services en langue officielle minoritaire; et l’offre active de services en langue officielle minoritaire constitue une politique d’équité.
Pour rendre compte de cet état des lieux de la recherche, la Chaire de recherche de l’Université d’Ottawa et de l’Institut du savoir Monfort sur la santé des francophones de l’Ontario lance un appel de propositions pour examiner cinq grands domaines de recherche : 1) lois linguistiques et santé; 2) états et déterminants de santé; 3) offre de services en langue officielle minoritaire, modèles de soins, accès, disponibilité, qualité et sécurité des soins; 4) ressources humaines, formation et pratiques professionnelles d’offre active; et 5) expérience des soins, des services et des barrières linguistiques des usagers.ères ou de certains sous-groupes (aînés, immigrants, etc.).
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