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Consommation et violence conjugale : données empiriques et considérations pour l’intervention

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Nycolas Renault : AVIF (Action sur la Violence et Intervention Familiale)

Résumé de la communication

La perpétration de violence conjugale et la consommation de substances psychoactives sont deux importantes problématiques susceptibles d’entrainer des conséquences importantes pour l’individu et son entourage. Plusieurs études soulignent la possible concomitance de ces deux problématiques, mais les acteurs et actrices du terrain ne sont pas toujours outillés pour faire face à ces deux problématiques. Cette présentation s’appuie sur les données recueillies auprès de 1499 adultes ayant répondu à une série de questionnaires standardisés lors de leur arrivée dans un service spécialisé en violence conjugale. Les résultats des analyses descriptives révèlent des taux plus élevés de consommation de cannabis et d’alcool que les autres substances psychoactives (stimulants, dépresseurs, perturbateurs). Les analyses corrélationnelles montrent des liens positifs entre la consommation de ces diverses substances et la perpétration de gestes de violence conjugale physique, psychologique, sexuelle, ainsi que du contrôle coercitif. De plus, la violence perpétrée tout comme la consommation, sont reliées à l’expérience de traumatismes dans l’enfance et aux difficultés à réguler ses émotions. En s’appuyant sur ces données et sur l’expérience clinique relative à ces deux problématiques, des pistes de réflexion et d’intervention sont proposées pour appuyer les équipes d’intervention.

Résumé du colloque

Les violences interpersonnelles constituent une problématique sociale et de santé publique prioritaire. Les traumas en enfance (p. ex., violence psychologique, physique et sexuelle, intimidation, négligence, exposition à la violence interparentale), ainsi que la victimisation à l’âge adulte représentent un problème endémique associé à des répercussions à long terme et coûteuses sur le plan du bien-être psychologique, relationnel et sexuel des victimes. En raison de la socialisation genrée, les hommes victimes sont particulièrement touchés par un tabou quant à leur victimisation et à la demande d’aide. Par ailleurs, la violence en contexte de relations intimes commise par des hommes entraîne souvent des conséquences plus graves chez les victimes, d’où l’importance de mieux comprendre ses multiples déterminants et d’appuyer les organismes œuvrant auprès de cette clientèle. Les études mettent en lumière un large éventail d’antécédents et de répercussions liées à la violence (p. ex., représentations d’attachement, traumas en enfance et violence à l’âge adulte) qu’il est nécessaire de mieux cerner pour mettre en place de meilleures stratégies de prévention et d’intervention. Des activités de recherche partenariale avec des milieux de pratique sont nécessaires afin d’amener les connaissances scientifiques sur le terrain, et aussi afin de construire les études sur la base des besoins réels des acteurs sur le terrain. La recherche partenariale offre aussi un socle riche au développement et au déploiement de matériel d’intervention et de sensibilisation (p. ex., besoins des hommes victimes de violences interpersonnelles durant l’enfance, facteurs de risques liés à la violence interpersonnelle commise au sein de relations intimes). Il est aussi nécessaire de favoriser la formation, le réseautage et la mobilisation des connaissances afin d’orienter nos connaissances et nos réponses vers des mesures sociales, éducatives et d’intervention prometteuses en matière de violence.

Contexte

section icon Thème du congrès 2022 (89e édition) :
Sciences, Innovations, Sociétés
section icon Date : 12 mai 2022

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