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Défis et contraintes de l’édition scientifique francophone

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Christian Agbobli : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

Le monde de l’édition est marqué par des enjeux financiers majeurs et est caractérisé par la notion de pouvoir. Concept philosophique appliqué et développé dans plusieurs disciplines (communication, droit, histoire, sociologie, etc.), le pouvoir peut être protéiforme et peut s’appliquer dans diverses circonstances. Dans certains cas, certaines maisons d’édition internationales tirent profit du travail réalisé par les chercheuses et chercheurs. Dans d’autres situations, certaines maisons d’édition, notamment en français, peinent à équilibrer leurs budgets. Conscients des défis de l’édition scientifique, l’UNESCO, tout comme certains organismes subventionnaires promeuvent la science ouverte. Dans ce contexte, comment valoriser la science en français ? Comment soutenir les publications en français? Après avoir présenté les défis associés aux publications en français, nous aborderons les contraintes relatives à la diffusion des contenus scientifiques en français.

Résumé du colloque

Dans l’écosystème international de la recherche, la communication et le transfert des connaissances très majoritairement en anglais influent sur l’éducation supérieure. Voulant démontrer que la construction d’une pensée scientifique solide et innovante se déploie sur plusieurs piliers, ce colloque vise à renouveler les perspectives d’analyse et d’action afin que l’édition scientifique francophone, au cœur même des institutions du savoir et des carrières universitaires, dispose des ressources essentielles à son développement national et international. Paradoxalement, alors que le français est la langue officielle au Québec et que le Canada a des obligations à son égard, les revues scientifiques francophones constituent l’angle mort du financement de la recherche alors que ces revues constituent un pilier fort de la diffusion de la pensée. Dans un monde de plus de 300 millions de francophones comptant en outre de très nombreux francophiles, il importe que les institutions gouvernementales et les agences subventionnaires s’appuient, par souci de cohérence, sur des réussites déjà enviables pour réviser sérieusement le dossier du financement des revues.

La perte de diversité linguistique, perte de cheminements d’idées, d’intuitions scientifiques et de connaissances collectives, transcende nos frontières. Or, comment répondre à l’ampleur, à la complexité et à l’urgence des enjeux mondiaux (environnementaux, sociaux, politiques, économiques) à travers le prisme d’une seule langue dominante? Nous avons réussi à éviter un tel écueil et à renverser la tendance avec brio et à notre avantage collectif, dans les domaines de la chanson et du cinéma. Ne peut-on déployer quelques ressources pour limiter, voire éviter, l’érosion de la transmission des savoirs scientifiques en français? Le Québec a joué ce rôle pionnier dans l’émergence de la francophonie du savoir. Or, l’excellence de ses productions scientifiques et de leur diffusion internationale en français, où elle dispose déjà d’atouts non négligeables, l’invite à assurer un financement de l’édition scientifique et notamment des revues, indispensable à la diversité de savoirs novateurs.

Contexte

section icon Thème du congrès 2022 (89e édition) :
Sciences, Innovations, Sociétés
section icon Date : 12 mai 2022

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