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Catherine Foisy : UQAM - Université du Québec à Montréal
Cette communication vise à consolider et à préciser, en partant des connaissances scientifiques relatives à l’expérience des femmes catholiques québécoises et par une prise en considération de la perspective développée depuis 1976 par un groupe québécois de femmes féministes et catholiques, la collective L’autre Parole, une hypothèse de recherche permettant de mieux cerner le rôle des femmes catholiques québécoises et du féminisme dans les mutations du catholicisme québécois depuis 1945. Les travaux principalement historiques et sociologiques réalisés depuis trente ans sur ces mutations (Meunier et Warren, 2001; Gauvreau, 2005) n’ont que peu pris en considération l’expérience des femmes (Roy, 1996; Gauvreau, 2003), sinon celle des religieuses et rarement dans une perspective féministe (Dumont, 1995; Laperle, 2015 et 2020). À partir d’un bilan historiographique focalisé sur les travaux historiques, de sciences des religions, sociologiques et théologiques ayant analysé les relations entre les femmes, l’Église catholique québécoise et le féminisme, entre 1945 et aujourd’hui, il sera possible d’identifier des pistes de recherche prolifiques autour d’enjeux plus spécifiques dont nous soupçonnons qu’une majorité gravitera autour du corps et de la sexualité.
Aujourd’hui, qu’est-ce qui est « normal »? Nous savons que les normes sont mouvantes et qu’elles se transforment avec le temps, au gré des changements sociaux. Dans une perspective durkheimienne1, les normes sociales possèdent un pouvoir coercitif qui se manifeste lorsque les règles sont transgressées. Parallèlement, les normes juridiques changent lorsque des lois sont abrogées, invalidées, ou de nouveaux projets de loi adoptés. Et qui dit « norme » dit également « transgression », et ce colloque s’intéresse à celles qui transgressent ces normes. Nous proposons de nous intéresser à la notion (certes contestée) de déviance2, en mettant l’accent sur les femmes hors normes, sur les dynamiques de marginalisation subies ou assumées.
Les contributions pourront donc aborder la déviance aux normes des femmes dans plusieurs contextes, culturels et historiques et sous plusieurs angles : celui de la religion, du rapport à la loi et à la société (transgression des normes de genre, sexuelles, familiales, raciales), qui eux-mêmes englobent différents axes. Avec pour objectif de questionner les normes, nous identifierons des cas significatifs –– mais trop souvent restés marginalisés, même par la recherche –– de femmes qui dévient des normes. Nous proposons ainsi d’analyser les effets sociaux, juridiques, politiques et personnels de la déviance des femmes et de déceler leurs possibilités d’émancipation et d’empowerment, tout autant que de stigmatisation, de criminalisation et de marginalisation, engendrées par la déviance.
1. Émile Durkheim, « Chapitre I. Qu’est-ce qu’un fait social? », dans Les règles de la méthode sociologique, Paris, PUF, coll. Bibliothèque de philosophie contemporaine, [1894] 1967, pp. 3-14.
2. Voir Mathieu Deflem (réd.), The Handbook of Social Control, Oxford, Wiley Blackwell, 2019 et Howard Saul Becker, Outsiders, Études de sociologie de la déviance, Paris, Éditions Métailié, 1985.
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