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Des approches diverses et inclusives de publication en libre accès

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Mona Nemer

Résumé de la communication

Que ce soit pour lutter contre les changements climatiques ou les pandémies nos gouvernements et nos concitoyens utilisent les produits d’une science connectée à l’échelle de la planète. Reconnaissant la valeur de la diversité des cultures et des systèmes de connaissances du monde entier, la recommandation de l’UNESCO sur une science ouverte, adoptée en novembre 2021, invite les États à encourager le multilinguisme dans la pratique de la science, dans les publications scientifiques et dans les communications universitaires [Article 16 d].

La question de la langue de publication n’est pas traitée explicitement dans La Feuille de route pour la science ouverte publiée en 2020. Or, l’un des principes de la Feuille de route, l’inclusivité, propose que des approches diverses et inclusives soient utilisées, reflétant l’étendue des conceptions des communautés scientifiques et des systèmes de connaissance. Cette inclusivité peut très bien s’appliquer à la langue de publication.

Les moyens dont dispose la communauté scientifique pour mettre en œuvre des approches diversifiées, incluant d’un point de vue linguistique, s’enrichissent de la transformation des modes de publication, des nouveaux modèles de financement des journaux, etc. Les incitatifs en place pour valoriser la publication en français, comme les modes d’évaluation des chercheurs, doivent aussi faire partie des moyens à considérer.

Résumé du colloque

Dans l’écosystème international de la recherche, la communication et le transfert des connaissances très majoritairement en anglais influent sur l’éducation supérieure. Voulant démontrer que la construction d’une pensée scientifique solide et innovante se déploie sur plusieurs piliers, ce colloque vise à renouveler les perspectives d’analyse et d’action afin que l’édition scientifique francophone, au cœur même des institutions du savoir et des carrières universitaires, dispose des ressources essentielles à son développement national et international. Paradoxalement, alors que le français est la langue officielle au Québec et que le Canada a des obligations à son égard, les revues scientifiques francophones constituent l’angle mort du financement de la recherche alors que ces revues constituent un pilier fort de la diffusion de la pensée. Dans un monde de plus de 300 millions de francophones comptant en outre de très nombreux francophiles, il importe que les institutions gouvernementales et les agences subventionnaires s’appuient, par souci de cohérence, sur des réussites déjà enviables pour réviser sérieusement le dossier du financement des revues.

La perte de diversité linguistique, perte de cheminements d’idées, d’intuitions scientifiques et de connaissances collectives, transcende nos frontières. Or, comment répondre à l’ampleur, à la complexité et à l’urgence des enjeux mondiaux (environnementaux, sociaux, politiques, économiques) à travers le prisme d’une seule langue dominante? Nous avons réussi à éviter un tel écueil et à renverser la tendance avec brio et à notre avantage collectif, dans les domaines de la chanson et du cinéma. Ne peut-on déployer quelques ressources pour limiter, voire éviter, l’érosion de la transmission des savoirs scientifiques en français? Le Québec a joué ce rôle pionnier dans l’émergence de la francophonie du savoir. Or, l’excellence de ses productions scientifiques et de leur diffusion internationale en français, où elle dispose déjà d’atouts non négligeables, l’invite à assurer un financement de l’édition scientifique et notamment des revues, indispensable à la diversité de savoirs novateurs.

Contexte

section icon Thème du congrès 2022 (89e édition) :
Sciences, Innovations, Sociétés
section icon Date : 12 mai 2022

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