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Susan Drejza : UQAR - Université du Québec à Rimouski
Au Québec maritime, l’érosion côtière est une problématique qui affecte une multitude d’enjeux (résidentiels, socio-économiques, infrastructures de transport, qualité de vie…). Les chercheurs du projet Résilience côtière ont caractérisé l’ensemble du territoire (types de côte, écosystèmes, usages et sites d’intérêt). Ces données de base ont été utilisées pour construire des outils avancés pour aider à la gestion. Ainsi l’exposition potentielle à l’érosion de plus de 30000 bâtiments, 1390 km de routes et 170 km de voies ferrées a été calculée. Les 123 municipalités et 10 communautés autochtones peuvent donc connaitre quelles sont les infrastructures qui peuvent actuellement être affectées par l’érosion (24 MRC) et celles qui pourraient le devenir d’ici 2099 (21 MRC). Un indice de vulnérabilité a aussi été développé et appliqué à 8 sites témoins afin de cibler les zones les plus vulnérables actuellement et d’ici 50 ans. Des portraits-diagnostics ont également été réalisés pour 16 sites prioritaires déterminés par les acteurs locaux lors d’ateliers. Enfin, via la plateforme SIGEC Web, les partenaires identifiés qui disposent d’accès spécifiques peuvent visualiser les cartes interactives et les tableaux de données, mais aussi produire des tableaux de bord sur le territoire qui les intéresse (statistiques et graphiques préprogrammés). Ces outils ont été expliqués et transférés lors de 12 ateliers finaux réalisés à l’automne 2021 et ayant regroupé 265 intervenants dans les 24 MRC.
DES RISQUES NATURELS SOUS-ESTIMÉS?
Le Québec, à l’instar d’autres régions du monde, fait face à un défi sans cesse croissant, celui de pertes économiques, et quelquefois de vies humaines, engendrées par des catastrophes naturelles. Pour les seules inondations, le gouvernement du Québec a instauré par décret en 2019 une zone d’intervention spéciale (ZIS) qui impose un moratoire sur la construction de bâtiments et sur la reconstruction de ceux qui ont été détruits par une inondation. Cela pose toute la difficulté d’appliquer une réglementation qu’il faudra, par ailleurs, parfaire. La multiplication des cartographies de zones inondables, par de nombreux acteurs, n’aide pas à convaincre. Elle montre surtout les limites d’une approche probabiliste sur les périodes de retour d’événements extrêmes.
Les changements climatiques vont exacerber d’autres risques, quelque peu sous-estimés. Les vagues de chaleur et les incendies de forêt constitueront les nouveaux défis pour les années à venir. Il est important de réviser les modèles de prévision, par rapport à ces risques, et de mettre en place des politiques de prévention et d’intervention rigoureuses.
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