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Marc Corbière : UQAM - Université du Québec à Montréal
Aucune solution technologique n’a été développée à ce jour pour faciliter à la fois la concertation des acteurs du retour au travail (p. ex., gestionnaire, professionnels de la santé) et l’accompagnement systématique de l’employé avec un trouble mental courant (TMC) dans son retour au travail (RaT). L’objectif de cette communication est double : 1) décrire le développement de l’application PRATICAdr ; 2) présenter les résultats de satisfaction des premiers utilisateurs de PRATICAdr ainsi que les résultats préliminaires en matière de santé et de travail. Le contenu de la communication se décline en 2 points : 1) une description des fondements inhérents à PRATICAdr ; 2) une évaluation de PRATICAdr par des entrevues et questionnaires pour mesurer à la fois la satisfaction des utilisateurs et les résultats en matière de santé et de travail. Au total, 25 employés de grandes organisations des secteurs privé et public, en processus de RAT à la suite d’un TMC, ont participé à PRATICAdr. L’application PRATICAdr permet de suivre en temps réel le parcours des acteurs impliqués dans l’accompagnement personnalisé de l’employé dans son RaT. Les employés appréciaient utiliser l’application et étaient satisfaits de la participation des acteurs du RaT et des questionnaires inclus dans PRATICAdr (moyenne > 9/10). Dans le cadre de suivis, on notait chez ces mêmes employés une nette réduction des symptômes anxieux et dépressifs ainsi qu’une amélioration de leur productivité au travail.
Au printemps 2021, alors que les chiffres des infections et autres décès liés à la pandémie de COVID-19 au Québec semblent encourageants, environ 19 000 enfants et adultes figurent sur une liste d’attente de services en santé mentale dans le réseau public, soit près de 20 % de plus qu’en novembre (précédent), selon les plus récentes données du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS)1. Autant dire que les répercussions du virus sont multidimensionnelles, systémiques et plus profondes que l’on aurait pu penser. Le 2 novembre 2020, le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux du Québec, Lionel Carmant, annonçait un investissement de 100 M$ afin d’améliorer l’offre de soins et de services psychosociaux et en santé mentale pour la population, notamment par la diminution des listes d’attente2. Début 2020, alors que les premiers signes de la pandémie se manifestaient, Isabelle Ouellet-Morin et Stéphane Guay soulignaient l’urgence de faire état des outils numériques spécifiquement développés pour la santé mentale. À l’heure où la téléconsultation prenait un essor sans précédent, ils ne pouvaient pas mieux tomber. Le moment était venu d’aborder le sujet. Si le numérique n’est pas la panacée, il porte en lui des espoirs quant à l’amélioration de l’accès des soins et des services en santé mentale. Certes, il existe aujourd’hui une myriade d’applications mobiles en santé mentale, mais peu sont validées sur le plan de la recherche. Et c’est bien pour pallier cette carence que des équipes de chercheurs travaillent sans relâche afin de mettre au point des procédés efficaces tout en préservant la qualité de la relation humaine qui sied à n’importe quel soin. C’est cette volonté qui anime les conférencières et conférenciers pressentis.
1. https://www.ledevoir.com/societe/sante/600044/sante-mentale-la-liste-d-attente-s-allonge.
2. https://www.msss.gouv.qc.ca/ministere/salle-de-presse/communique-2418.
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