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Hugo Lamirande-Landry : UQAC-Université du Québec à Chicoutimi
Il est étonnant que l’approche psychodynamique n’ait été que peu utilisée dans la recherche sur la personnalité des athlètes car elle exerce une grande influence dans la pratique clinique (Weinberg & Gould, 2007). C’est dans ce contexte que cette étude s’intéresse aux liens entre l’organisation de personnalité (OP) (Kernberg & Caligor, 2005) d’athlètes universitaires et leur relation avec leur sport. 41 participants ont été évalués selon le Personality Organization Diagnostic Form (Diguer et al., 2001) en plus de répondre à une entrevue explorant leur relation avec le sport. Des analyses statistiques (χ2; Dancey & Reidy, 2016) ont été réalisées sur les 23 catégories de l’analyse qualitative interprétative (Braun & Clark, 2006) en fonction de l’OP. 6 catégories distinguent les athlètes d’organisation névrotique (OPN) de l’organisation limite (OPL): 3 (développement personnel; esprit d’équipe; optimisation des performances) sont significativement associés aux participants d’OPN, les 3 autres (gestion des affects de la vie courante; impuissance; plaisir relié à l’expression de l’agressivité) sont significativement associés aux participants d’OPL. Ainsi, (1) plusieurs athlètes universitaires présentent des OP différentes, ce qui supporte la pertinence de la perspective psychodynamique dans le sport, et (2) leur relation avec le sport varie selon leur OP. Cela met en évidence l’importance pour les entraîneurs de moduler leurs interventions en fonction de leurs athlètes.
La pratique d’un sport s’avère un moteur de développement positif, mais ce, à condition que l’intégrité et le bien-être des athlètes soient priorisés. Or, des témoignages d’athlètes et des appels à l’aide de certains milieux sportifs se multiplient pour dénoncer des problématiques de violence et les tabous entourant la santé mentale dans le sport. Ces constats des milieux convergent vers les résultats de recherches récentes, qui révèlent qu’une proportion importante d’athlètes a déjà subi une forme de violence ou vécu des symptômes d’un trouble de santé mentale au cours de leur parcours sportif. Ces problématiques seraient interreliées, puisque le fait de vivre de la violence en contexte sportif est associé à des problématiques de santé mentale. Des facteurs de risque uniques au contexte du sport, comme la pression de performance et la stigmatisation, représentent des barrières importantes à la mise en place d’un climat sécuritaire qui promeut une saine gestion de la santé mentale. Pour faire en sorte que le domaine sportif puisse offrir le meilleur contexte de développement possible, il importe d’unir les forces des acteur.rice.s clés des milieux sportifs et des chercheur.e.s, qui ont à cœur le bien-être psychologique et l’intégrité des athlètes.
Ce colloque vise à rassembler ces personnes clés afin d’échanger des points de vue sur : 1) l’état des connaissances scientifiques et pratiques sur la violence et la santé mentale en contexte sportif; 2) les apprentissages tirés des initiatives de partenariats existants entre des chercheur.e.s et des milieux sportifs; 3) le développement de nouveaux partenariats; et 4) la conception de nouvelles initiatives afin d’autonomiser les milieux sportifs à l’aide de données empiriques.
Titre du colloque :