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Élisabeth Arsenault : Université Laval
Cette contribution est l’occasion de revenir sur deux projets de recherche-action participatives ayant eu recours à la méthode des récits de vie et pour lesquels j’ai agi à titre de «recueilleuse» et assistante de recherche. L’un porte sur le parcours de soins de femmes enceintes immigrantes sans RAMQ dans la ville de Québec; l’autre, sur les effets des programmes de logement social sur les bénéficiaires. Malgré une distinction de terrains et d’objets d’étude, les projets partagent l’objectif d’atteindre une compréhension fine des parcours de vie des groupes visés afin d’apporter des recommandations plus appropriées aux décideurs politiques. Cette convergence m’a poussée à mettre en commun mes apprentissages de ces méthodologies, dans une démarche réflexive, en m’interrogeant plus particulièrement sur comment les récits de vie peuvent-ils devenir des catalyseurs de changement social. Je propose qu’au cœur de la relation dialogique qui caractérise la coconstruction des savoirs et du lien éthique que chercheurs et narrateurs engagent se forgent une capacité d’action et un désir de changement social. L’engagement partagé par le contrat de parole et l’écoute du récit d’autrui, en tenant compte du « soi » situé dans son parcours de vie, m’amènent à approfondir la « responsabilité pour autrui » qui s’y noue. En somme, le croisement de ces savoirs pluriels soutient le point de vue selon lequel la pratique des récits de vie est une voie féconde de formation d’acteurs de changement.
L’essor de l’emploi des histoires de vie en formation (Pineau et Marie-Michèle, 1983) et des récits de vie en sciences sociales et humaines s’inscrit dans une tendance qui participe d’un « tournant narratif » (Denzin, 1989; Goodson et Gill, 2011), voire de l’émergence d’un paradigme du biographique. Depuis déjà une quarantaine d’années, l’usage des récits et des histoires de vie dans les domaines de la recherche et de la formation d’adultes en éducation, les sciences médicales, la santé publique et l’accompagnement dans le contexte du soin s’est multiplié. Non seulement les terrains investis se sont diversifiés, mais les formes des récits proposées et les angles théoriques pour les étudier l’ont été également. Les objets théoriques sont très variés; si l’immigration est un sujet abordé depuis déjà 100 ans (et il est loin d’être épuisé), de nouveaux sujets tels que la vulnérabilité, les situations de handicap ou l’écobiographie se développent. Ce colloque s’adresse à des chercheurs et chercheuses qui emploient différentes formes de récits de vie en sciences de l’éducation, ainsi qu’à des étudiants et étudiantes qui s’y intéressent dans un triple objectif : 1) approfondir leurs approches épistémologiques et leur scientificité; 2) situer leurs terrains; et 3) présenter les démarches méthodologiques articulées avec les perspectives théoriques retenues et partager leurs apports. Il s’agira, à partir de ces travaux, d’interroger selon une perspective sociohistorique et épistémologique le paradigme de la recherche biographique dans le champ des sciences humaines et sociales.
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