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Effet inhibiteur d’un lixiviat de biomasse racinaire du pâturin des prés sur la germination de graines de luzerne et de lotier corniculé

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Achref Meddeb Slama : UQAT - Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue

Résumé de la communication

L’introduction de légumineuses dans un peuplement de graminées existant est une pratique largement utilisée visant l’amélioration des pâturages dégradés. Cependant, un mauvais établissement de la luzerne et du lotier dans un vieux pâturage de pâturin des prés à la ferme expérimentale de l’Université de Guelph située à New Liskeard (ON) a conduit à se poser la question s’il existe un effet inhibiteur du pâturin sur la germination des légumineuses introduites. Le lixiviat de la biomasse racinaire du pâturin a été préparé en ajoutant 1000 mLd’eau distillée à 100 g du matériel séché et broyé avec une agitation pendant 24 h pour avoir un extrait de 10 %, ensuite dilué à 5 %. Des graines de trois cultivars de luzerne et de lotier ont été mises à germer dans des boites à pétri et maintenues humides en utilisant l’extrait de biomasse racinaire dilué à 5 % ou un témoin (0%, eau distillée). Les résultats ont montré que la dilution de l’extrait racinaire engendre une diminution du taux de germination. La germination du lotier devient presque nulle sauf pour le cultivar Leo. Le taux d’inhibition de la germination est ainsi plus important pour les cultivars de lotier que de luzerne, à l’exception du cultivar de luzerne CRS1001. Ce test de germination suggère qu’il existe un effet inhibiteur du lixiviat de la biomasse racinaire du pâturin sur la germination de graines des légumineuses introduites. Cet effet inhibiteur pourrait expliquer le mauvais rétablissement de ce vieux pâturage.

Résumé du colloque

La résilience est la capacité que possède un écosystème, agricole ou forestier par exemple, à revenir à un état d’équilibre et à reprendre ses fonctions après une perturbation (p. ex., sécheresse, infestation par un ravageur). Avec les changements climatiques, une augmentation du nombre et de l’ampleur des perturbations est à prévoir, d’où l’importance d’avoir des systèmes résilients. Les systèmes racinaires sont multifonctionnels : en plus de permettre aux végétaux de s’ancrer au sol, de se nourrir et de stocker des ressources, ils contribuent à structurer le sol, à l’enrichir en matière organique, à établir la communication entre le microbiome du sol et la plante au moyen des exsudats racinaires et à réguler le cycle de l’eau et des éléments nutritifs. L’ampleur du rôle des racines dans le fonctionnement et la résilience des agroécosystèmes est encore méconnue. L’identité et les valeurs des traits racinaires à favoriser ne font pas consensus, ni la façon de les améliorer, soit par l’entremise de la génétique ou de la gestion des cultures et des sols. Finalement, le domaine de l’agronomie pourrait bénéficier des recherches réalisées à cet égard dans des domaines connexes comme l’écologie et l’agroforesterie. Un meilleur dialogue entre chercheur-e-s de ces divers domaines et disciplines pourrait améliorer notre compréhension de l’effet des traits racinaires sur le fonctionnement et la résilience des agroécosystèmes, et des leviers dont on dispose pour rehausser cette résilience, dans l’optique de faire diminuer la vulnérabilité des agroécosystèmes face aux impacts des changements climatiques.

Contexte

section icon Thème du congrès 2022 (89e édition) :
Sciences, Innovations, Sociétés
section icon Date : 12 mai 2022

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