pen icon Colloque
quote

Égalité d’accès à l’enseignement collégial : la situation des personnes allophones issues de l’immigration récente, étudiée par une équipe de recherche-action participative

ED

Membre a labase

Emilie Doutreloux : Université Laval

Résumé de la communication

Les cégeps visent la démocratisation de l’enseignement supérieur (Québec, 1966). Il appert toutefois que des obstacles d’accès subsistent, notamment pour les personnes allophones issues de l’immigration récente (Kamanzi et al. 2016). Les rigidités institutionnelles (Bellemare, 2015), les procédures de classement (Cochran-Smith, 2004) et les pratiques d’orientation (Potvin et Lelclerq, 2014) désavantagent particulièrement ces personnes. La recherche menée poursuit le double objectif d’identifier les obstacles institutionnels (Cross, 1981) d’accès aux études collégiales pour les personnes allophones immigrantes et de proposer de nouvelles pratiques équitable favorisant leur accès. La réalisation de huit entrevues semi-dirigées menées dans le cadre d’une étude multicas a permis de documenter l’expérience de personnes aux prises avec de tels obstacles. L’analyse thématique réalisée à l’intérieur d’un processus de recherche-action réunissant une équipe multiservices composée d’allophones et de personnes employées du cégep a mis à jour des freins institutionnels particuliers aux personnes allophones : manque de soutien, coûts élevés des tests de langue et difficulté d’accès aux informations. La recherche a rendu possible la création d’une grille d’analyse pour repérer les obstacles institutionnels d’accès aux études collégiales et de modifier les pratiques en cours. En définitive, ce projet a permis d’appliquer le principe d’équité pour garantir une juste égalité des chances.

Résumé du colloque

Bien que l’accès à l’enseignement supérieur se soit démocratisé, les inégalités continuent à se (re)produire sur la base des rapports sociaux de sexe, de racialisation et de classe chez les personnes apprenantes (Magnan et al., 2021) comme au sein du corps enseignant et professionnel (Dutoya et al., 2019). La crise sanitaire semble d’ailleurs avoir renforcé ces inégalités, tant au regard de la conciliation travail-famille (Frederickson, 2020; Minello, 2020) ou études-famille que de l’accès aux services de soutien pédagogique ou psychologique ou à un lieu d’étude adéquat (FECQ, 2020, 2021).

Parallèlement, le principe d’équité est de plus en plus mobilisé dans les politiques institutionnelles des établissements d’enseignement postsecondaire, et par les organismes subventionnaires provinciaux et fédéraux. L’équité implique que les marqueurs identitaires ou le rapport (non traditionnel) avec les études ne doivent ni marginaliser les personnes apprenantes, ni nuire à leur projet éducatif (CSE, 2016). Plus encore, elle constitue une démarche visant à corriger les désavantages existants entre les groupes d’individus historiquement dominés et socialement opprimés à cause de ces mêmes marqueurs identitaires, et elle implique de compenser le déséquilibre et ses répercussions par des mesures spécifiques (Nassif-Gouin, Picard, Lévesque, Boivin et Blain, 2021).

Sans faire fi des concepts de diversité, d’inclusion et de pratiques inclusives, ce colloque est une invitation à réunir différents acteurs et différentes actrices des milieux d’enseignement collégial pour penser l’équité et ses liens avec nos visions, nos réflexions pédagogiques, nos façons d’aborder les rapports de pouvoir en classe ou nos envies de transformation.

Contexte

section icon Thème du congrès 2022 (89e édition) :
Sciences, Innovations, Sociétés
section icon Date : 12 mai 2022

Découvrez d'autres communications scientifiques

Autres communications du même congressiste :