Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Laurence Jay-Rayon Ibrahim Aibo : University of Massachusetts Amherst
L’enseignement à distance est indissociable de la démocratisation du savoir, comme le montrent les programmes d’enseignement à distance subventionnés par l’Éétat brésilien et diffusés à la radio et la télévision depuis les années 1920 (Barros Filho 2018). Cent ans plus tard, la pandémie de COVID-19 a donné un formidable coup d’accélérateur au développement de programmes en ligne. Toutefois, les principes andragogiques qui régissent l’enseignement à distance, notamment l’enseignement de cours asynchrones, diffèrent de ceux s’appliquant au présentiel. Alors que les frontières géographiques s’effacent, d’autres barrières surgissent, touchant notamment au profil socioculturel et économique des apprenant·es et à la littéracie numérique de ces derniers.
Cette présentation portera sur la conception de cours de traduction et d’interprétation en ligne et sur l’inévitable réflexion à mener au préalable. Y seront abordés les fondements d’une pédagogie universelle et inclusive et les moyens de les mettre en œuvre, les principes didactiques touchant au processus de traduction et à la co-construction de l’apprentissage, la présence de l’enseignant·e (présence didactique, cognitive et sociale) et celle des apprenant·es, ainsi que l’importance de la structuration de la collaboration entre pairs et l’autonomisation des apprenant·es.
Des exemples pratiques, notamment de syllabus, de rubriques et de réflexions sur le processus de traduction, seront proposés pour illustrer les points abordés.
Le numérique modifie en profondeur le fonctionnement de nos sociétés, en particulier le domaine de la traduction, notamment du fait de l’émergence actuelle de la traduction automatique neuronale. Certes, comme l’a déclaré un traductologue-praticien, « la technologie ne remplacera pas les traducteurs, mais les traducteurs qui utilisent la technologie remplaceront ceux qui ne l’utilisent pas ». La traduction automatique rime avec postédition, comme étape nécessaire à la qualité livrable, ainsi qu’avec les mémoires de traduction et autres logiciels faisant du traducteur humain un « traducteur outillé ». Les avancées technologiques de la profession ont suscité de nombreux travaux de recherche traductologiques; elles questionnent aussi les formateurs en traduction, soucieux d’offrir des programmes à la fine pointe et de préparer les cohortes étudiantes aux transformations du monde du travail.
En parallèle, le récent recours « obligé » à l’enseignement en ligne a éveillé ou renouvelé l’intérêt pour des questions didactiques de fond en faveur de l’innovation pédagogique. On peut s’attendre à ce que de nouvelles formes de prestations, hybrides ou comodales, en complément à l’enseignement à distance, soient désormais davantage en demande. Se pose donc avec plus d’acuité la problématique maintes fois soulignée du nécessaire arrimage de la formation en traduction avec les acquis des sciences de l’éducation, sans oublier la prise en compte de la conscientisation actuelle touchant l’inclusion et la diversification des apprentissages.
Sous l’angle des innovations, le colloque vise à explorer deux grandes facettes concernant la formation en traduction : l’optimisation des divers modes de prestation en ligne ou en présentiel et l’intégration efficace de la traduction automatique et autres outils technologiques dans la formation et les activités d’apprentissage. D’autres aspects concernant l’optimisation de la formation professionnelle pourront aussi être considérés pour ce colloque.
Titre du colloque :
Thème du colloque :