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Aline Lechaume : Université Laval
Migrants, demandeurs d’asile, réfugiés, revendicateurs du statut de réfugié, temporaires, sans statut, sans papiers. Autant d’appellations, autant de variations dans les droits et accès pour ces personnes. Au Québec, ces statuts temporaires et souvent transitoires les rendent d’autant plus précaires qu’ils sont complexes. Certes, ces immigrants ont accès à certains programmes et services (soins de santé d’urgence, aide sociale) et peuvent, pour la plupart et à certaines conditions, obtenir un permis de travail temporaire. Toutefois, en raison de multiples facteurs, notamment systémiques, ces immigrants se retrouvent, plus souvent qu’autrement, au cœur de conditions d’accès qui rarement facilitent - les échelles – mais surtout entravent - les serpents - leurs parcours. Dans le cadre de cette communication, ce sont surtout les parcours d’insertion socioprofessionnelle qui seront abordés à partir de deux projets de recherche en cours dans la région de Québec, qui montrent que ces statuts entraînent et confinent dans une spirale d’exclusion sociale. En effet, au-delà des normes et accès, ces immigrants à statuts précaires sont peu considérés comme des personnes à protéger mais plutôt comme une « main-d’œuvre » bon marché. Afin de renverser cette tendance, cette présentation proposera une nouvelle approche pour les politiques publiques soit celle des environnements capacitant (Falzon, 2005).
L’accueil et la présence au Québec des immigrants à statut précaire sont en croissance. Leur arrivée récente ainsi que leur inclusion suscitent un grand intérêt dans les milieux communautaires, gouvernementaux et universitaires. Parmi les enjeux qui interpellent ces milieux, on note : l’assouplissement des politiques publiques favorisant l’immigration temporaire; les mesures mises en place pour limiter leur accès à la résidence permanente, comme la réforme du Programme de l’expérience québécoise (PEQ) en 2019; le manque de services adéquats répondant à leurs besoins; les conditions d’emploi dans leurs milieux de travail; la qualité et l’accès aux logements et, en termes généraux, le respect et la protection de leurs droits fondamentaux. Surgissent alors des questions au sujet des stratégies entreprises par les immigrants à statut précaire afin de faire face aux défis rencontrés. Quelles sont les réponses des institutions et des organismes quant aux demandes et aux besoins de cette population? Quelles sont les représentations sociales qui interviennent dans la construction des relations et des rapports de pouvoir entre la société d’accueil et ces nouveaux arrivants aux statuts précaires? C’est en partageant ces questions que ce colloque propose un débat interdisciplinaire et interrégional sur les différents enjeux touchant les parcours de vie des personnes immigrantes à statut précaire au Québec. Il vise également à ouvrir une discussion autour de la catégorie en soi : que comprenons-nous des statuts migratoires précaires? Ce débat nous semble important, notamment parce que le « statut migratoire précaire » ne constitue pas une catégorie juridiquement reconnue au Canada. Cependant, l’expression est de plus en plus utilisée dans différents discours. Notons ici, à titre d’exemple, son inclusion explicite dans le projet de loi no 83 de 2021 concernant l’admissibilité au régime d’assurance maladie et au régime général d’assurance médicaments de certains enfants dont les parents ont un statut migratoire précaire.
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