Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Kouadio Rodrigue Boko : École nationale d'administration publique
Les impacts sociaux de la COVID-19 ont amené plusieurs organisations à modifier leur rôle traditionnel et à intensifier leurs liens de collaboration. À l’échelle des municipalités, les organisations publiques et communautaires ont adopté de nouvelles pratiques dans un contexte d’une grande complexité. D’autre part, les besoins des populations ont été amplifiés et transformés par la COVID-19 et les règles sanitaires. D’une part, les organisations devaient adapter leurs modes de travail tout en priorisant différemment certaines activités ou en créer de nouvelles. Dans ce contexte, certaines organisations ont répondu à des besoins de nature humanitaire.
Afin de comprendre l’ampleur et la signification des transformations provoquées par la réponse à la COVID-19, il importe de mieux comprendre comment les enjeux sociaux soulevés par la COVID-19 ont modifié l'action sociale des autorités publiques et des organisations communautaires ? Et quels sont les apprentissages à en tirer pour les différentes organisations ?
Sur la base d’une étude de cas à l’échelle de la Ville de Québec, notre étude vise à 1) identifier les facteurs ayant favorisé la restructuration des différentes organisations, 2) comprendre les outils et les pratiques qui ont contribué à l’instauration de nouveaux mécanismes et 3) envisager les effets intra et inter-organisationnels de cette crise sur les pratiques visant à répondre aux enjeux sociaux.
La COVID-19 est devenue une menace majeure pour les populations vulnérables dépendantes de l’action humanitaire, avec un impact potentiel dévastateur dans les zones densément peuplées, préalablement fragiles et/ou dans les zones où les systèmes de santé sont dysfonctionnels (IEIM, 2020). La pandémie exerce encore une grande pression sur les organismes humanitaires (OH) internationaux qui se sont vus, d’abord, limités dans leur capacité d’accès et plus généralement de réponse, laissant une plus grande place aux OH locaux et ensuite réceptifs concernant l’inadéquation de leurs programmes et de leurs méthodes avec les besoins changeants du terrain (De Geoffroy et al., 2020; Alalouf-Hall, 2020; Savard et al., 2020; Audet et al., 2021; Coulombe et al., 2021).
Le lancement récent du Plan global de réponse humanitaire en mars 2020 a confirmé la nécessité d’un financement important et souple. Cependant, de nombreux autres défis restent à relever pour garantir l’apport d’une action humanitaire efficace dans le respect de la dignité pour tous (organisations, civils et travailleurs humanitaires) (Blanchet, 2020).
Mais les crises créent des occasions pour le changement (Coulombe et al., 2020). Le secteur humanitaire l’a démontré à plusieurs reprises en revoyant ses pratiques par le biais de nouveaux agendas internationaux, notamment après le génocide au Rwanda en 1994, le tsunami de 2004 dans l’océan indien, ou encore le séisme en Haïti en 2010.
Si le « retour à la normale » est une formulation commode et fréquemment utilisée, elle est néanmoins erronée. Un retour « à la normale » donne une fausse impression de notre futur prévisible et sous-entend que tout était optimal avant la pandémie. Il est plus sage de parler de « nouvelle normalité », qui aurait appris de l’événement. Deux ans après le début de la pandémie, nous avons un peu plus de recul pour entrevoir les contours d’une nouvelle normalité pour les organisations et le secteur humanitaires.
Titre du colloque :