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Natasha Chénier-Ayotte : Université d'Ottawa
Cette présentation porte sur le processus qui conduit les hommes ayant été victimes d’agressions sexuelles à l’enfance ou à l’adolescence (HASE) à demander de l’aide, une fois adulte. La recherche indique que la non-divulgation des agressions sexuelles entraîne, à l’âge adulte, des conséquences psychosociales délétères (Easton et Parchment, 2021). Les HASE seraient notamment plus sujets à éprouver de la détresse psychologique, des difficultés à gérer leur colère et à s’adonner à une consommation abusive de substances. Une non-divulgation peut également mener les HASE à ne pas recevoir de services et développer différentes psychopathologies, telles que des troubles dépressifs, anxieux, dissociatifs et de stress post-traumatique. La divulgation peut ainsi participer à la guérison des HASE et ouvrir la porte à la demande d’aide. Cette étude, conduite auprès de 12 hommes adultes, vise à comprendre et à identifier les différents aspects du processus qui les ont amenés à demander de l’aide auprès d’organismes spécialisés. L’analyse qualitative a permis d’identifier différents aspects et composantes de ce processus. En particulier, cette demande d’aide a amené les participants à redéfinir leur perception de la masculinité. D’une perception relativement étroite, ils ont élargi leur représentation sociale de la masculinité. Cet élargissement leur a permis d’adopter une représentation sociale plus inclusive et de nature à favoriser une réconciliation avec leur histoire personnelle.
Les violences interpersonnelles constituent une problématique sociale et de santé publique prioritaire. Les traumas en enfance (p. ex., violence psychologique, physique et sexuelle, intimidation, négligence, exposition à la violence interparentale), ainsi que la victimisation à l’âge adulte représentent un problème endémique associé à des répercussions à long terme et coûteuses sur le plan du bien-être psychologique, relationnel et sexuel des victimes. En raison de la socialisation genrée, les hommes victimes sont particulièrement touchés par un tabou quant à leur victimisation et à la demande d’aide. Par ailleurs, la violence en contexte de relations intimes commise par des hommes entraîne souvent des conséquences plus graves chez les victimes, d’où l’importance de mieux comprendre ses multiples déterminants et d’appuyer les organismes œuvrant auprès de cette clientèle. Les études mettent en lumière un large éventail d’antécédents et de répercussions liées à la violence (p. ex., représentations d’attachement, traumas en enfance et violence à l’âge adulte) qu’il est nécessaire de mieux cerner pour mettre en place de meilleures stratégies de prévention et d’intervention. Des activités de recherche partenariale avec des milieux de pratique sont nécessaires afin d’amener les connaissances scientifiques sur le terrain, et aussi afin de construire les études sur la base des besoins réels des acteurs sur le terrain. La recherche partenariale offre aussi un socle riche au développement et au déploiement de matériel d’intervention et de sensibilisation (p. ex., besoins des hommes victimes de violences interpersonnelles durant l’enfance, facteurs de risques liés à la violence interpersonnelle commise au sein de relations intimes). Il est aussi nécessaire de favoriser la formation, le réseautage et la mobilisation des connaissances afin d’orienter nos connaissances et nos réponses vers des mesures sociales, éducatives et d’intervention prometteuses en matière de violence.
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