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Rudy Loock : Université de Lille
La traduction automatique (TA) ne date pas hier, mais l’arrivée de la traduction automatique neuronale (TAN) a clairement changé la donne. Par conséquent, afin d’assurer à leurs étudiant(e)s une bonne insertion professionnelle, de nombreuses formations universitaires aux métiers de la traduction ont intégré, avant même l’arrivée de la TAN, une formation à la TA et à la post-édition, comme ils avaient déjà intégré auparavant la traduction assistée par ordinateur (TAO). [...]
Se posent alors de nombreuses questions sur la façon dont cette nouvelle technologie peut être intégrée à la formation des étudiants. Si l’on part du principe qu’il faut être bon traducteur pour être bon post éditeur, alors que paradoxalement de nombreuses études relatent une utilisation massive des outils de traduction en ligne chez les étudiants, quand aborder le sujet? Il convient aussi de s’interroger sur les compétences nécessaires à une utilisation raisonnée de la technologie (Loock 2019). Convient-il d’autoriser le recours à la TA pour les préparations à la maison, voire les examens? Faut-il insister sur les considérations d’ordre technique ou sur l’analyse des résultats produits par la machine? Comment aborder les questions éthiques? Quel lien avec la gestion de projets?
Sans nullement prétendre avoir des réponses définitives, nous proposerons des réflexions sur la façon dont il est possible de développer ce que Bowker & Buitrago Ciro (2019) ont nommé la « MT literacy » des futurs professionnels.
Le numérique modifie en profondeur le fonctionnement de nos sociétés, en particulier le domaine de la traduction, notamment du fait de l’émergence actuelle de la traduction automatique neuronale. Certes, comme l’a déclaré un traductologue-praticien, « la technologie ne remplacera pas les traducteurs, mais les traducteurs qui utilisent la technologie remplaceront ceux qui ne l’utilisent pas ». La traduction automatique rime avec postédition, comme étape nécessaire à la qualité livrable, ainsi qu’avec les mémoires de traduction et autres logiciels faisant du traducteur humain un « traducteur outillé ». Les avancées technologiques de la profession ont suscité de nombreux travaux de recherche traductologiques; elles questionnent aussi les formateurs en traduction, soucieux d’offrir des programmes à la fine pointe et de préparer les cohortes étudiantes aux transformations du monde du travail.
En parallèle, le récent recours « obligé » à l’enseignement en ligne a éveillé ou renouvelé l’intérêt pour des questions didactiques de fond en faveur de l’innovation pédagogique. On peut s’attendre à ce que de nouvelles formes de prestations, hybrides ou comodales, en complément à l’enseignement à distance, soient désormais davantage en demande. Se pose donc avec plus d’acuité la problématique maintes fois soulignée du nécessaire arrimage de la formation en traduction avec les acquis des sciences de l’éducation, sans oublier la prise en compte de la conscientisation actuelle touchant l’inclusion et la diversification des apprentissages.
Sous l’angle des innovations, le colloque vise à explorer deux grandes facettes concernant la formation en traduction : l’optimisation des divers modes de prestation en ligne ou en présentiel et l’intégration efficace de la traduction automatique et autres outils technologiques dans la formation et les activités d’apprentissage. D’autres aspects concernant l’optimisation de la formation professionnelle pourront aussi être considérés pour ce colloque.
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