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Olof Suire : Université Laval
L’eau est très inégalement répartie dans le temps et dans l’espace. Au Nord comme au Sud, que celle-ci soit à usage domestique, industriel ou autre, l’accès à l’eau devient de plus en plus difficile dans plusieurs régions et pour les populations pauvres et des groupes sociaux spécifiques. Des inégalités qui sont exacerbées par des combinaisons de différentes formes d’exclusion.
Dans les pays en développement, les conséquences des difficultés à accéder à l’eau à cause de son mode de gestion se font sentir inégalement sur les groupes sociaux. En effet, le niveau d’accès à l’eau est conditionné par des combinaisons de facteurs d’ordre économique, politique, environnemental et social. Par rapport à cela, force est d’admettre que la question du genre et la qualité de l’environnement sont des éléments d’envergure que les réflexions doivent considérer.
C’est au regard de cette situation que notre communication propose de faire une synthèse documentaire, d’abord, sur le rapport entre l’accès différencié à une eau de bonne qualité en quantité suffisante, et la qualité de vie des femmes dans les pays en développement, en Haïti en particulier, et ensuite, sur les avancées relatives à la réduction des inégalités d’accès aux ressources hydriques.
Notre prémisse commence avec les inégalités : la santé de la planète pour la vie humaine est dépendante de notre capacité à les réduire. Même si, en 2022, il n’est pas très original de les dénoncer, on les voit maintenant sur toutes les tribunes, dans tous les médias, dans les rapports gouvernementaux, dans ceux des organisations internationales, dans les articles scientifiques, dans les livres. Pourtant, on constate que les inégalités demeurent. Une action visant à réduire les inégalités doit être concertée, systémique, sur plusieurs niveaux en même temps, et même en dehors du système, comme en témoigne par exemple le cas des paradis fiscaux (Denault, 2016). Ceux-ci augmentent les inégalités et exacerbent les tensions dans le système.
Les liens entre inégalités et problèmes environnementaux sont bien établis : l’écart croissant entre les riches et les pauvres entraîne des conséquences environnementales de plus en plus négatives (Boyce, 2018; Hamann et al., 2018; Islam, 2015). Les inégalités plongent toutes les sociétés dans des crises interreliées : environnementale, climatique, énergétique, agricole, économique, sociale, de santé publique. Elles procèdent d’un système économique prédateur dont la raison d’être est l’accumulation du capital par la dépossession du travail des plus vulnérables et la simplification des écosystèmes et des relations sociales pour les transformer en ressources marchandes. Et les manifestations des inégalités qui en résultent sont visibles à tous les niveaux de l’organisation socioéconomique et politique. Ce système a été édifié au gré de luttes de pouvoir qui ont permis à certains intérêts et conceptions du monde de s’imposer. Il pourrait en être autrement.
On sait aussi maintenant que les sociétés plus égalitaires sont plus heureuses, vivent mieux, en meilleure santé (Wilkinson et Pickett, 2009) et ont une meilleure relation à la nature et à leur environnement (Bookchin, 1990). Toutefois, peu de travaux se sont penchés sur la question des transformations systémiques nécessaires pour réduire les inégalités, malgré la reconnaissance de leur importance (Folke et al., 2021). Une réduction draconienne et rapide des inégalités à tous les niveaux constitue notre seule option pour affronter avec succès les énormes défis du 21e siècle, y compris l’urgence climatique (Klein, 2014). Telle est l’hypothèse et la ligne directrice qui guide notre démarche.
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