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Instrumentalisation de la stérilisation des femmes marginalisées au Canada et au Brésil: entre contrôles et possibilités d’émancipation

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Farah Cader : Fondation québécoise des Vétérans

Résumé de la communication

S’appuyant sur le lourd historique entourant la stérilisation, cette présentation a pour but de présenter les enjeux modernes entourant la mesure contraceptive. N’ayant pas toujours eu bonne presse, la stérilisation a rapidement été segmentée pour en arriver à catégoriser des types « légitimes ». Ces stérilisations féminines sont devenues médicalement ou socialement acceptables, et ce, contrairement à la vasectomie, jugée comme étant une atteinte à la masculinité. À partir des années 1960, cette division théorique de la ligature des trompes a été dénoncée par plusieurs groupes féministes. L’avènement d’autres moyens contraceptifs et le contexte des revendications libérales et sexuelles des femmes ont permis une dénonciation de ce moyen contraceptif enlignant un contrôle étatique et patriarcal sur les femmes, particulièrement celles racisées. Les femmes autochtones ou noires ont continué d’être stérilisées contre leur gré, et ce, même après une reconnaissance internationale du problème. À l’égard des dernières recherches sur la stérilisation forcée des femmes encore aujourd’hui, peut-on prétendre à un consentement libre et éclairé des femmes marginalisées au Canada et au Brésil? Pour répondre à cette question, nous verrons l’historique et la législation de la stérilisation à l’intérieur des deux pays.

Résumé du colloque

Aujourd’hui, qu’est-ce qui est « normal »? Nous savons que les normes sont mouvantes et qu’elles se transforment avec le temps, au gré des changements sociaux. Dans une perspective durkheimienne1, les normes sociales possèdent un pouvoir coercitif qui se manifeste lorsque les règles sont transgressées. Parallèlement, les normes juridiques changent lorsque des lois sont abrogées, invalidées, ou de nouveaux projets de loi adoptés. Et qui dit « norme » dit également « transgression », et ce colloque s’intéresse à celles qui transgressent ces normes. Nous proposons de nous intéresser à la notion (certes contestée) de déviance2, en mettant l’accent sur les femmes hors normes, sur les dynamiques de marginalisation subies ou assumées.

Les contributions pourront donc aborder la déviance aux normes des femmes dans plusieurs contextes, culturels et historiques et sous plusieurs angles : celui de la religion, du rapport à la loi et à la société (transgression des normes de genre, sexuelles, familiales, raciales), qui eux-mêmes englobent différents axes. Avec pour objectif de questionner les normes, nous identifierons des cas significatifs –– mais trop souvent restés marginalisés, même par la recherche –– de femmes qui dévient des normes. Nous proposons ainsi d’analyser les effets sociaux, juridiques, politiques et personnels de la déviance des femmes et de déceler leurs possibilités d’émancipation et d’empowerment, tout autant que de stigmatisation, de criminalisation et de marginalisation, engendrées par la déviance.

1. Émile Durkheim, « Chapitre I. Qu’est-ce qu’un fait social? », dans Les règles de la méthode sociologique, Paris, PUF, coll. Bibliothèque de philosophie contemporaine, [1894] 1967, pp. 3-14.

2. Voir Mathieu Deflem (réd.), The Handbook of Social Control, Oxford, Wiley Blackwell, 2019 et Howard Saul Becker, Outsiders, Études de sociologie de la déviance, Paris, Éditions Métailié, 1985.

Contexte

section icon Thème du congrès 2022 (89e édition) :
Sciences, Innovations, Sociétés
section icon Date : 12 mai 2022

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