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Intégration de la traduction automatique neuronale dans l’enseignement de la traduction du chinois au français à des étudiants chinois et français

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Pascale Elbaz : Institut de Management et de Communication Interculturels - Université Paris-Panthéon-Assas

Résumé de la communication

L’amélioration récente des outils de traduction automatique en ligne est fulgurante. Dans la combinaison chinois-français, ils sont passés d’outils dont on rit et qu’il est préférable d’éviter à des outils d’aide à la traduction. Par ailleurs, avant même que ces outils ne deviennent performants et même si la parité clamée par certains (Hassan 2018) est loin d’être atteinte, les étudiants s’en étaient emparés avec enthousiasme et honte : enthousiasme pour cet outil qui travaillait à leur place, honte de s’adonner à une pratique longtemps interdite dans un cursus universitaire. Le double constat des progrès réels des moteurs automatiques et de leur utilisation quasi systématique par les étudiants rend nécessaire l’adaptation de l’enseignement de la traduction (Loock, Léchauguette 2021). Je prendrai en exemple l’enseignement de la traduction générale du chinois au français en 3e année dans des classes mixtes d’étudiants chinois et français à l’ISIT. La configuration d’une classe bilangue oblige à mettre en place des méthodes d’enseignement spécifiques pour faire progresser les deux groupes (Elbaz 2016; Elbaz, Garbutt 2019). Par ailleurs, le niveau de langue des étudiants ne leur permet pas une lecture aisée de la presse chinoise (pour les francophones) ni de la presse française (pour les sinophones). Dans ce contexte, l’utilisation de moteurs de traduction automatique pallie à certaines difficultés; la traduction « brute de logiciel » obtenue sert de base de travail textuel.

Résumé du colloque

Le numérique modifie en profondeur le fonctionnement de nos sociétés, en particulier le domaine de la traduction, notamment du fait de l’émergence actuelle de la traduction automatique neuronale. Certes, comme l’a déclaré un traductologue-praticien, « la technologie ne remplacera pas les traducteurs, mais les traducteurs qui utilisent la technologie remplaceront ceux qui ne l’utilisent pas ». La traduction automatique rime avec postédition, comme étape nécessaire à la qualité livrable, ainsi qu’avec les mémoires de traduction et autres logiciels faisant du traducteur humain un « traducteur outillé ». Les avancées technologiques de la profession ont suscité de nombreux travaux de recherche traductologiques; elles questionnent aussi les formateurs en traduction, soucieux d’offrir des programmes à la fine pointe et de préparer les cohortes étudiantes aux transformations du monde du travail.

En parallèle, le récent recours « obligé » à l’enseignement en ligne a éveillé ou renouvelé l’intérêt pour des questions didactiques de fond en faveur de l’innovation pédagogique. On peut s’attendre à ce que de nouvelles formes de prestations, hybrides ou comodales, en complément à l’enseignement à distance, soient désormais davantage en demande. Se pose donc avec plus d’acuité la problématique maintes fois soulignée du nécessaire arrimage de la formation en traduction avec les acquis des sciences de l’éducation, sans oublier la prise en compte de la conscientisation actuelle touchant l’inclusion et la diversification des apprentissages.

Sous l’angle des innovations, le colloque vise à explorer deux grandes facettes concernant la formation en traduction : l’optimisation des divers modes de prestation en ligne ou en présentiel et l’intégration efficace de la traduction automatique et autres outils technologiques dans la formation et les activités d’apprentissage. D’autres aspects concernant l’optimisation de la formation professionnelle pourront aussi être considérés pour ce colloque.

Contexte

section icon Thème du congrès 2022 (89e édition) :
Sciences, Innovations, Sociétés
section icon Date : 12 mai 2022

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