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Laure Turcati : UQAM - Université du Québec à Montréal
En réponse aux récents évènements de crues ayant frappé le Québec méridional, le projet Info-Crue, porté par le Ministère de l’Environnement et de la Lutte aux Changements Climatiques souhaite explorer l’apport d’une documentation participative des niveaux d’eau avec deux objectifs conjoints : 1) acquérir des données qui alimenteront entre-autres les outils de prévision des crues à des fins d’alerte de la population mais aussi 2) permettre aux usagers et riverain.e.s des rivières de prendre part à la construction de ces connaissances afin de pouvoir être acteur.ice.s de la gestion des risques de crues.
Dans ce contexte, une phase pilote de co-construction d’un suivi participatif des niveaux d’eau a démarré à l’automne 2021 dans deux bassins versants. Cette phase pilote réunit des professionnels, agent.e.s de ministère, d’organismes de bassin versant, et des riverain.es et usager.es des rivières.
Nous proposons ici d’explorer l’intérêt de la co-construction dans la mise en place de ce suivi.
Nous examinons, par des observations participantes et la conduite d’entretiens individuels, comment les riverain.es et usager.es des rivières s’emparent du projet, font des propositions et comment celles-ci sont perçues par les partenaires institutionnels du projet. Nous interrogeons également si la co-construction du projet permet à chacun de sentir ses attentes et enjeux pris en compte, d’une part, et de reconnaitre et prendre en compte ceux des autres, d’autre part.
DES RISQUES NATURELS SOUS-ESTIMÉS?
Le Québec, à l’instar d’autres régions du monde, fait face à un défi sans cesse croissant, celui de pertes économiques, et quelquefois de vies humaines, engendrées par des catastrophes naturelles. Pour les seules inondations, le gouvernement du Québec a instauré par décret en 2019 une zone d’intervention spéciale (ZIS) qui impose un moratoire sur la construction de bâtiments et sur la reconstruction de ceux qui ont été détruits par une inondation. Cela pose toute la difficulté d’appliquer une réglementation qu’il faudra, par ailleurs, parfaire. La multiplication des cartographies de zones inondables, par de nombreux acteurs, n’aide pas à convaincre. Elle montre surtout les limites d’une approche probabiliste sur les périodes de retour d’événements extrêmes.
Les changements climatiques vont exacerber d’autres risques, quelque peu sous-estimés. Les vagues de chaleur et les incendies de forêt constitueront les nouveaux défis pour les années à venir. Il est important de réviser les modèles de prévision, par rapport à ces risques, et de mettre en place des politiques de prévention et d’intervention rigoureuses.
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