pen icon Colloque
quote

La construction de la binarité générique dans les discours numériques de l’association Solidarité Femmes Besançon.

JT

Membre a labase

Justin Thiemba : Université de Franche-Comté

Résumé de la communication

Cette communication, prenant pour objet les discours numériques produits par l’association Solidarité Femmes Besançon (aSFB) membre de la Fédération Nationale Solidarité Femmes en France, s’interroge sur les représentations du genre (traitées notamment au sein de la presse écrite, cf. Sapio 2019) et la manière dont elles s’inscrivent ou se reconfigurent dans et par le numérique à l’image de ce qu’a montré Bergström et Pasquier (2019).

Notre communication s’inscrit dans le cadre de l’approche sémiodiscursive numérique comme l’entend Michel Marcoccia (2016 : 53) ; elle s’appuie sur un corpus constitué des productions discursives (à caractère hétérogène et hybride : textes, images, documents audiovisuels, flyers) en ligne de cette association militant pour la contestation des violence conjugales (site internet http://www.solidaritefemmes25.org/ et page Facebook « Solidarité Femmes Besançon ») entre 2021 et 2022.

De précédents travaux (Thiemba, 2021) ont permis de rendre compte de la spécificité de la construction de la binarité générique dans le discours numérique de l’aSFB où la féminité, de manière explicite, par des stratégies de dénomination, de désignation et de choix iconographiques, est représentée massivement au détriment du genre masculin. Un tel choix, mettant en avant la catégorie féminine sur son site internet et sur sa page Facebook, tout en représentant implicitement le genre masculin, est révélateur d’une stratégie méthodologique de communication de l’aSFB.

Résumé du colloque

L’évolution des médias, de la communication, du numérique et des données massives interroge à nouveaux frais les problématiques de genre, et vice versa. Les études féministes et les études sur le genre en communication font d’ailleurs l’objet d’une grande effervescence ces dernières années dans la francophonie. Plusieurs dossiers de revues scientifiques en communication ont abordé ces questions (Recherches féministes, 2020; Revue française des sciences de l’information et de la communication, 2014; Revue africaine de communication, 2017). Les études du genre articulées aux communications et aux médias prennent de l’envergure (Brun et al., 2020), et des approches du genre en communication prennent forme au confluent des systèmes d’information et de communication, des études culturelles et des études de genre (Cervulle et Rees-Roberts, 2010; Biscarrat, 2019; Damian-Gaillard et al., 2014; Lallet, 2014; Lécossais, 2020). Cette rencontre est féconde et nécessaire « tant l’information comme la communication sont structurées par le genre » (Coulomb-Gully 2010, dans Biscarat, 2019).

L’objectif de ce colloque est d’approfondir et actualiser cette interrelation entre genre et communication. Prenant acte du pouvoir critique du genre à dévoiler les constructions sociales et politiques que dissimulent les concepts et savoirs (Blandin, et al., 2017; Dalibert, 2014), ce colloque vise également à rassembler des chercheur.e.s francophones et à faire état des travaux actuels sur trois plans.

● Éthique : Il s’agit d’interroger les responsabilités des chercheur.e.s, leur rapport de pouvoir sur le terrain, la circulation des biais de genre dans les dispositifs sociotechniques et les constructions symboliques. Les enjeux éthiques sous-jacents au poids du binarisme de genre dans la production algorithmique et médiatique (Arnold, 2016), au numérique qui brouille les catégories, défait et refait les rapports de genre (Boisvert, 2020).

● Méthodologique : L’émergence de nouveaux objets fait poindre des méthodes féministes sui generis. Quelle démarche ou méthode le genre peut constituer pour décoder les significations des dispositifs (Coulomb-Gully, 2010; Julliard, 2013; Julliard et Quenemer, 2014). Le numérique, les nouvelles dynamiques de circulation, production et réception, les données massives posent de nouveaux défis au genre (Luka et Millette, 2018; Boisvert et Bélanger, 2020). L’importance que prennent la coconstruction des savoirs, le savoir incarné ou situé est soulevée (Haraway, 1988; Delphy, 2009).

● Épistémologique : Dévoiler les implicites de la démarche scientifique (Biscarrat, 2013) et les façons dont la posture, la positionnalité, le « corps genré » des chercheur.e.s (Galinon-Mélénec et al, 2008) altèrent le rapport à l’objet. Il s’agit de proposer des pistes pour concevoir une science (féministe) plus juste, plus éthique, plus équitable et plus inclusive (Bourdeloie, 2018, 2020; Le Gallo et Millette, 2019, Brun, 2020).

Contexte

section icon Thème du congrès 2022 (89e édition) :
Sciences, Innovations, Sociétés
section icon Date : 12 mai 2022

Découvrez d'autres communications scientifiques

Autres communications du même congressiste :