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Suzie Bond : Université TÉLUQ
Le trouble de stress post-traumatique (TSPT) est un trouble mental incapacitant qui se développe lorsqu’une personne est confrontée à la mort, à une blessure grave ou à une agression sexuelle. À ce jour, la thérapie cognitive-comportementale axée sur le trauma (TCC-T) est le traitement qui dispose du meilleur appui empirique dans le traitement du TSPT. Pourtant, la TCC-T est peu dispensée au Québec. L’une des raisons évoquées pour expliquer cette lacune est que les cliniciens n’auraient pas accès à la formation pour acquérir les compétences nécessaires pour offrir TCC-T. La formation en ligne asynchrone (FLA) peut faciliter la formation à grande échelle, notamment parce qu’elle ne requiert pas la présence simultanée des formateurs et des apprenants. Une recension systématique des écrits a été réalisée afin de répondre à la question suivante : La formation en ligne asynchrone est-elle efficace pour apprendre aux intervenants en santé mentale à évaluer et à traiter les victimes de traumatismes psychologiques? Les résultats des études recensées (n = 10) montrent que la FLA est aussi efficace que la formation en salle pour améliorer les connaissances et les habiletés des intervenants en santé mentale. Il n’est cependant pas clair si ces gains se maintiennent dans le temps ou se transfèrent dans la pratique clinique. La façon dont les technologies de l’éducation pourraient être utilisées pour améliorer l’efficacité de la formation des intervenants en santé mentale sera discutée
Au printemps 2021, alors que les chiffres des infections et autres décès liés à la pandémie de COVID-19 au Québec semblent encourageants, environ 19 000 enfants et adultes figurent sur une liste d’attente de services en santé mentale dans le réseau public, soit près de 20 % de plus qu’en novembre (précédent), selon les plus récentes données du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS)1. Autant dire que les répercussions du virus sont multidimensionnelles, systémiques et plus profondes que l’on aurait pu penser. Le 2 novembre 2020, le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux du Québec, Lionel Carmant, annonçait un investissement de 100 M$ afin d’améliorer l’offre de soins et de services psychosociaux et en santé mentale pour la population, notamment par la diminution des listes d’attente2. Début 2020, alors que les premiers signes de la pandémie se manifestaient, Isabelle Ouellet-Morin et Stéphane Guay soulignaient l’urgence de faire état des outils numériques spécifiquement développés pour la santé mentale. À l’heure où la téléconsultation prenait un essor sans précédent, ils ne pouvaient pas mieux tomber. Le moment était venu d’aborder le sujet. Si le numérique n’est pas la panacée, il porte en lui des espoirs quant à l’amélioration de l’accès des soins et des services en santé mentale. Certes, il existe aujourd’hui une myriade d’applications mobiles en santé mentale, mais peu sont validées sur le plan de la recherche. Et c’est bien pour pallier cette carence que des équipes de chercheurs travaillent sans relâche afin de mettre au point des procédés efficaces tout en préservant la qualité de la relation humaine qui sied à n’importe quel soin. C’est cette volonté qui anime les conférencières et conférenciers pressentis.
1. https://www.ledevoir.com/societe/sante/600044/sante-mentale-la-liste-d-attente-s-allonge.
2. https://www.msss.gouv.qc.ca/ministere/salle-de-presse/communique-2418.
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