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Simon Ramdé : Université Laval
La plupart des jeunes mères célibataires en difficulté, dans le contexte burkinabè, ont été victimes de viol. Or, elles appartiennent chacune à une des religions présentes dans le pays qui prônent certaines croyances. À cet égard, il convient de chercher la part des croyances et des valeurs traditionnelles dans la situation que vivent ces jeunes femmes, dont la situation est qualifiée de « déviante », afin de proposer des pistes d’intervention religieuse.
L’objectif de la communication vise à démontrer comment, au nom de la croyance et des valeurs traditionnelles, des personnes (victimes) sont rejetées sous prétexte que leur comportement sort des normes socio-culturelles admises. Nous mettrons en avant comment, dans ce contexte, c’est l’action d’organismes se réclamant d’une tradition religieuse particulière (le christianisme) qui permet de rétablir la jeune femme considérée comme culturellement en déviance par rapport aux normes. Cette contribution présentera, dans un premier temps, la situation socio-culturelle des jeunes mères célibataires en difficulté. Elle abordera ensuite les croyances et les valeurs dites « traditionnelles ». Enfin, nous dégagerons des propositions de pistes d’intervention religieuse au profit de ces jeunes femmes rejetées.
Aujourd’hui, qu’est-ce qui est « normal »? Nous savons que les normes sont mouvantes et qu’elles se transforment avec le temps, au gré des changements sociaux. Dans une perspective durkheimienne1, les normes sociales possèdent un pouvoir coercitif qui se manifeste lorsque les règles sont transgressées. Parallèlement, les normes juridiques changent lorsque des lois sont abrogées, invalidées, ou de nouveaux projets de loi adoptés. Et qui dit « norme » dit également « transgression », et ce colloque s’intéresse à celles qui transgressent ces normes. Nous proposons de nous intéresser à la notion (certes contestée) de déviance2, en mettant l’accent sur les femmes hors normes, sur les dynamiques de marginalisation subies ou assumées.
Les contributions pourront donc aborder la déviance aux normes des femmes dans plusieurs contextes, culturels et historiques et sous plusieurs angles : celui de la religion, du rapport à la loi et à la société (transgression des normes de genre, sexuelles, familiales, raciales), qui eux-mêmes englobent différents axes. Avec pour objectif de questionner les normes, nous identifierons des cas significatifs –– mais trop souvent restés marginalisés, même par la recherche –– de femmes qui dévient des normes. Nous proposons ainsi d’analyser les effets sociaux, juridiques, politiques et personnels de la déviance des femmes et de déceler leurs possibilités d’émancipation et d’empowerment, tout autant que de stigmatisation, de criminalisation et de marginalisation, engendrées par la déviance.
1. Émile Durkheim, « Chapitre I. Qu’est-ce qu’un fait social? », dans Les règles de la méthode sociologique, Paris, PUF, coll. Bibliothèque de philosophie contemporaine, [1894] 1967, pp. 3-14.
2. Voir Mathieu Deflem (réd.), The Handbook of Social Control, Oxford, Wiley Blackwell, 2019 et Howard Saul Becker, Outsiders, Études de sociologie de la déviance, Paris, Éditions Métailié, 1985.
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