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Anaïs Delambre : Université de Montréal
Élise Reimarus (1735-1805) est principalement connue pour être celle qui annonce à Mendelssohn l’accusation de spinozisme dont fait l’objet Lessing par Jacobi. Elle lance ainsi la Querelle du Spinozisme lorsqu’elle lui transmet la lettre dans laquelle Jacobi fait cette information. Elle est aussi connue à travers son père, Hermann Samuel Reimarus et son frère, Johann A. H. Reimarus. Présentée par Almut Spalding comme une libre penseuse déiste et prenant activement part à l’Aufklärung, elle joue notamment un rôle dans les querelles dans lesquelles Lessing est engagé. Cette participation discrète nous donne un aperçu de sa réception du spinozisme, entre revendication déiste et désir de préserver sa réputation. À travers ses lettres et ses propres écrits philosophiques, nous allons tenter de brosser le portrait d’une réception féminine de Spinoza. Nous souhaitons en effet mettre en avant une nouvelle lecture de sa philosophie souvent circonscrite aux domaines institutionnels, académiques ou religieux. N’oublions pas qu’à cette époque, les femmes étaient souvent réduites à une éducation bourgeoise, limitée au domaine privé, et aux salons qu’elles accueillaient et animaient. Ainsi, ce travail s’ajoute à ceux, récents, d’une mise en avant de la participation des femmes à la pensée de l’Aufklärunget espère montrer que le spinozisme n’a cessé d’irriguer la vie intellectuelle dans des sphères intellectuelles auxquelles les femmes avaient également accès.
Afin de faire écho au thème du 89e Congrès de l’Acfas, intitulé Sciences, innovations, sociétés, la Société de philosophie du Québec invite ses membres à réfléchir à la complexité et à la richesse des rapports (passés, présents et futurs) entre science, philosophie et société.
Érigées en champs de recherche autonomes, la philosophie et la science se sont développées de concert, nouant à chaque époque des rapports singuliers mais aussi changeants. Dans l’Antiquité, la philosophie s’institue en rupture avec l’opinion et coïncide avec la science en tant que quête de la vérité. À l’époque moderne, l’expression philosophie naturelle évoque encore l’idée selon laquelle la science et la philosophie relèvent d’une même entreprise intellectuelle.
Du tronc commun auquel elles appartenaient jusqu’alors, la physique, la chimie, la biologie et la psychologie s’autonomisent entre le 17e et le 19e siècle. Au 20e siècle, la phénoménologie et la philosophie analytique vont s’engager dans des voies qui opposeront frontalement science et philosophie. Néanmoins, dans le sillage du retour du naturalisme, les rapports entre la philosophie et les sciences empiriques seront une fois de plus appelés à se réinventer. Parfois envisagées comme étant « sur le même bateau », la science et la philosophie ont connu un nouveau rapprochement qui déboucha plus récemment sur l’idée d’une « philosophie expérimentale ».
Alors que la science est appelée à servir de fondement à la décision politique, réfléchir aux configurations qu’ont connues la science et la philosophie dans l’histoire de la pensée philosophique conduit à interroger de nouveau le rôle de la philosophie dans la science et dans la société plus largement. Comment et par quelles voies la philosophie peut-elle contribuer à la science? Inversement, qu’est-ce que la science peut amener à la philosophie, et comment décrire cet apport? Et comment ce dialogue pourrait-il enrichir la contribution de la philosophie aux grands débats de société?
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