Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Julia Denier : SADEF
L’objectif de cette étude porte sur l’effet de la gestion des résidus d’abattage sur l’aspect structurel des racines fines dans des plantations d’hevea brasiliensis en Côte d’Ivoire. Plus spécifiquement, il s’agit de savoir si l’apport de résidus d’abattage stimule la prospection des racines fines d’hévéas en début de rotation. La phase immature, qui s’étend de 0 à 6 ans, se caractérise par une croissance rapide du peuplement et un besoin élevé en nutriments lié à une forte accumulation dans la biomasse à cette période. L’impact des résidus d’abattage a été étudié sur la biomasse des RF selon deux traitements : (1) uniquement de la légumineuse (témoin) (2) légumineuse + résidus d’abattage. Les biomasses de RF ont été quantifiées à l’aide de tarières, extrapolées au quart de Voronoï de l’arbre, par profondeur et par distance à l’arbre. Les résultats ont démontré que la présence des résidus d’abattage favorise une prospection racinaire des RF significativement supérieur sous l’andain à 2 m de l’arbre et à 1m de profondeur, par rapport au traitement témoin. Ce résultat est confirmé par la cartographie racinaire du profil de sol « Vers l’andain », partant du pivot jusqu’à 3 m de l’arbre sur 1 m de profondeur ; la présence de nutriments issus de la décomposition des résidus a significativement favorisé la prospection racinaire des RF par rapport au traitement témoin, une première étape permettant de se tourner vers une hévéaculture plus résiliente.
La résilience est la capacité que possède un écosystème, agricole ou forestier par exemple, à revenir à un état d’équilibre et à reprendre ses fonctions après une perturbation (p. ex., sécheresse, infestation par un ravageur). Avec les changements climatiques, une augmentation du nombre et de l’ampleur des perturbations est à prévoir, d’où l’importance d’avoir des systèmes résilients. Les systèmes racinaires sont multifonctionnels : en plus de permettre aux végétaux de s’ancrer au sol, de se nourrir et de stocker des ressources, ils contribuent à structurer le sol, à l’enrichir en matière organique, à établir la communication entre le microbiome du sol et la plante au moyen des exsudats racinaires et à réguler le cycle de l’eau et des éléments nutritifs. L’ampleur du rôle des racines dans le fonctionnement et la résilience des agroécosystèmes est encore méconnue. L’identité et les valeurs des traits racinaires à favoriser ne font pas consensus, ni la façon de les améliorer, soit par l’entremise de la génétique ou de la gestion des cultures et des sols. Finalement, le domaine de l’agronomie pourrait bénéficier des recherches réalisées à cet égard dans des domaines connexes comme l’écologie et l’agroforesterie. Un meilleur dialogue entre chercheur-e-s de ces divers domaines et disciplines pourrait améliorer notre compréhension de l’effet des traits racinaires sur le fonctionnement et la résilience des agroécosystèmes, et des leviers dont on dispose pour rehausser cette résilience, dans l’optique de faire diminuer la vulnérabilité des agroécosystèmes face aux impacts des changements climatiques.
Titre du colloque :
Thème du colloque :