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Philippe Lacour : Universidade de Brasília
La pandémie de Covid a durablement perturbé les pratiques des enseignant(e)s, qui ont dû apprendre rapidement nouvelles manières d’enseigner à distance. Les cours de traduction n’ont pas fait exception. Comment les professeur(e)s se sont-ils (elles) adapté(e)s à ces nouvelles contraintes? Quels outils numériques ont été utilisés? Selon quelles stratégies? Et avec quelle réussite? Le présent article examine l’expérience de plusieurs enseignant(e)s, en France et aux États-Unis et au Brésil, qui ont testé un environnement numérique de traduction collaborative et multilingue, TraduXio (http://traduxio.org), ce dernier présentant l’originalité de ne pas du tout fonctionner selon les principes du Traitement Automatique du Langage, qui inspire la quasi-totalité des outils de traduction assistée par ordinateur. Les responsables évoquent les modifications des pratiques impliquées par le brusque passage au distantiel, les inventions auxquelles elles ont eu recours et dressent un rapide bilan des avantages et inconvénients d’une telle conversion.
D’un point de vue pédagogique, l’interface est particulièrement adaptée à une analyse critique des gestes de traduction, à une comparaison raisonnée, à une évaluation en contexte, au service d’une intelligence de ce qui est gagné ou perdu. Le contraste avec la traduction en d’autres langues et la consultation de la concordance multilingue permettent de s’inspirer librement des suggestions afférentes.
Le numérique modifie en profondeur le fonctionnement de nos sociétés, en particulier le domaine de la traduction, notamment du fait de l’émergence actuelle de la traduction automatique neuronale. Certes, comme l’a déclaré un traductologue-praticien, « la technologie ne remplacera pas les traducteurs, mais les traducteurs qui utilisent la technologie remplaceront ceux qui ne l’utilisent pas ». La traduction automatique rime avec postédition, comme étape nécessaire à la qualité livrable, ainsi qu’avec les mémoires de traduction et autres logiciels faisant du traducteur humain un « traducteur outillé ». Les avancées technologiques de la profession ont suscité de nombreux travaux de recherche traductologiques; elles questionnent aussi les formateurs en traduction, soucieux d’offrir des programmes à la fine pointe et de préparer les cohortes étudiantes aux transformations du monde du travail.
En parallèle, le récent recours « obligé » à l’enseignement en ligne a éveillé ou renouvelé l’intérêt pour des questions didactiques de fond en faveur de l’innovation pédagogique. On peut s’attendre à ce que de nouvelles formes de prestations, hybrides ou comodales, en complément à l’enseignement à distance, soient désormais davantage en demande. Se pose donc avec plus d’acuité la problématique maintes fois soulignée du nécessaire arrimage de la formation en traduction avec les acquis des sciences de l’éducation, sans oublier la prise en compte de la conscientisation actuelle touchant l’inclusion et la diversification des apprentissages.
Sous l’angle des innovations, le colloque vise à explorer deux grandes facettes concernant la formation en traduction : l’optimisation des divers modes de prestation en ligne ou en présentiel et l’intégration efficace de la traduction automatique et autres outils technologiques dans la formation et les activités d’apprentissage. D’autres aspects concernant l’optimisation de la formation professionnelle pourront aussi être considérés pour ce colloque.
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