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Aurélien Chukurian : Université de Genève
La vie de Monsieur Pascal, écrite par la sœur de Blaise Pascal (1623-1662) en 1662, est souvent perçue comme un document important du corpus pascalien. Pour autant, force est de constater que ce texte fait surtout l’objet d’un usage historique. Or, quelle lecture critique pouvons-nous faire de ce document, non pas en nous situant sur un plan historiographique ou historique, mais en l’appréhendant d’un point de vue philosophique ? Ainsi, en nous inscrivant dans le sillage d’études faisant crédit à la richesse de ce texte (P. Sellier, A. Bord, etc.), nous nous emploierons à restituer sa fécondité philosophique, à l’aune de la présence de concepts ou encore d’éléments témoignant d’un dialogue avec Pascal, entre adhésion et prise de distance. Ce procédé de lecture sera aussi mis à l’épreuve en considérant un autre document, consistant dans La vie de Jacqueline Pascal, également composée par Gilberte Périer : cette pièce, datée de 1663, nous informe-t-elle uniquement sur la biographie de sa sœur (1625-1661), ou au contraire nous met-elle sur la voie d’éléments proprement philosophiques, que ce soit concernant la lecture des évènements opérée par Gilberte ou la mise au jour de conceptions émises par Jacqueline ? Dès lors, le fil rouge de cette intervention consistera à faire la lumière sur les figures féminines entourant Blaise Pascal, en tête Gilberte Périer, en restituant les enjeux philosophiques attachés à leurs écrits.
Afin de faire écho au thème du 89e Congrès de l’Acfas, intitulé Sciences, innovations, sociétés, la Société de philosophie du Québec invite ses membres à réfléchir à la complexité et à la richesse des rapports (passés, présents et futurs) entre science, philosophie et société.
Érigées en champs de recherche autonomes, la philosophie et la science se sont développées de concert, nouant à chaque époque des rapports singuliers mais aussi changeants. Dans l’Antiquité, la philosophie s’institue en rupture avec l’opinion et coïncide avec la science en tant que quête de la vérité. À l’époque moderne, l’expression philosophie naturelle évoque encore l’idée selon laquelle la science et la philosophie relèvent d’une même entreprise intellectuelle.
Du tronc commun auquel elles appartenaient jusqu’alors, la physique, la chimie, la biologie et la psychologie s’autonomisent entre le 17e et le 19e siècle. Au 20e siècle, la phénoménologie et la philosophie analytique vont s’engager dans des voies qui opposeront frontalement science et philosophie. Néanmoins, dans le sillage du retour du naturalisme, les rapports entre la philosophie et les sciences empiriques seront une fois de plus appelés à se réinventer. Parfois envisagées comme étant « sur le même bateau », la science et la philosophie ont connu un nouveau rapprochement qui déboucha plus récemment sur l’idée d’une « philosophie expérimentale ».
Alors que la science est appelée à servir de fondement à la décision politique, réfléchir aux configurations qu’ont connues la science et la philosophie dans l’histoire de la pensée philosophique conduit à interroger de nouveau le rôle de la philosophie dans la science et dans la société plus largement. Comment et par quelles voies la philosophie peut-elle contribuer à la science? Inversement, qu’est-ce que la science peut amener à la philosophie, et comment décrire cet apport? Et comment ce dialogue pourrait-il enrichir la contribution de la philosophie aux grands débats de société?
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