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Danielle Lafontaine : UQAR - Université du Québec à Rimouski
Cette communication porte d’abord sur des dispositifs soutenus par des pouvoirs publics au Québec, au Canada et ailleurs, lesquels ont visé depuis une vingtaine d’années le développement, l’innovation et des transitions. Passant en revue des travaux qui ont caractérisé et comparé leurs modèles, composants et processus, nous montrerons que la question de l’évaluation des changements apportés (ou non) est demeurée cruciale. Nous traiterons ensuite du « living lab » (laboratoire vivant). Dès le début des années 1990, celui-ci allait alimenter des expérimentations et des évaluations. À partir de 2006, la formation du réseau ENoLL a encouragé l’émergence de living labs et la réalisation de recherches évaluatives conjointes et comparées. Depuis une dizaine d’années, des programmes de recherche mettant l’accent sur la soutenabilité, portent une attention renouvelée à la nécessité d’opérer « réellement » des changements, tout en éclairant comment des activités territorialement ancrées peuvent générer des retombées et des impacts, favoriser l’atteinte d’objectifs tant locaux ou régionaux, que nationaux et globaux.
Apparue en Chine en 2019, la COVID-19 s’est propagée dans le monde en causant au passage des dommages importants (OMS, 2020). À l’heure des premiers bilans, il paraît clair que la sortie de la situation pandémique appelle une série de transitions vers des systèmes (écologiques, économiques, sociaux…) plus durables et plus résilients.
La notion de transition renvoie à des changements systémiques profonds, qui se jouent à différents niveaux d’organisation et impliquent une grande diversité d’acteurs (Geels et Schot, 2007; Audet, 2015). Au-delà de l’accumulation d’expérimentations et de projets locaux, il s’agit de penser le changement à l’échelle macro, à long terme, tout en maintenant la nécessité de l’action micro à court terme. La question des outils-approches-méthodes pour soutenir cette volonté s’avère alors centrale. Les laboratoires vivants (living labs), tiers-lieux et autres labs, entendus comme des espaces et des approches d’innovation ouverte et de recherche collaborative (Leminen, Rajahonka et Westerlund, 2017) font partie des moyens pour outiller les projets de transition. Depuis le début de la pandémie, ils ont su faire preuve d’une grande créativité, tant pour maintenir leur existence que pour trouver des solutions destinées à contourner les effets négatifs et les répercussions de la COVID -19. L’objectif central de ce colloque sera donc de tirer les leçons des apprentissages issus de la situation de crise pour explorer le potentiel des labs comme outils de gestion des transitions vers un avenir plus durable et résilient.
Les labs et autres tiers-lieux, intégrant les approches multiparties prenantes et les besoins des usagers, semblent particulièrement pertinents pour répondre à ces enjeux. Par ailleurs, la durabilité est devenue, au fil des générations, une des huit caractéristiques clés des living labs selon Hossain et al. (2019). La littérature sur les living labs est désormais majoritairement publiée dans des revues traitant de durabilité et d’environnement (Greve et al., 2021, 17).
Toutefois, Hossain et al. (2019, 19) précisent que, si le développement durable est un sujet de plus en plus important pour les laboratoires vivants, ce thème reste relativement implicite pour la plupart d’entre eux. Par ailleurs, l’évaluation de l’impact réel des labs dans le milieu dans lequel ils s’inscrivent, mérite d’être documentée encore davantage, et particulièrement pour les laboratoires vivants visant des problématiques d’environnement et d’agriculture durables (Bronson et al., 2021).
Il convient donc d’expliciter plus clairement la façon dont les labs contribuent à la transition vers un système plus durable et de mesurer les répercussions réelles au-delà des intentions de changement.
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