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Célia Le Cocq-Foltz : Université de Caen-Normandie
L’accueil familial pour personnes âgées et handicapées est un dispositif d’hébergement peu connu qui relève du domaine médico-social. A partir d’une approche anthropologique des sensibilités où les perceptions et les émotions sont au cœur de l’analyse, je m’intéresse aux différents modes d’hospitalités, c’est-à-dire à ce qui fait appartenance, dans le cadre du néolibéralisme et en particulier du système bien-être où tout converge vers « l’industrie du bonheur » si l’on se réfère à l’ouvrage d’Eva Illouz et d’Edgar Cabannas.
Dans cette communication, je propose d’aborder plus particulièrement la situation des accueillantes familiales qui exercent leur activité à des fins mercantiles. Dans un premier temps nous verrons dans quelle mesure nous pouvons considérer que leur accueil est pour elles un fonds de commerce puis, de quelle façon il se révèle comme factice.
De cette analyse, émergera une esthétique permettant de dessiner une géographie sociale, imaginaire et métaphorique sous les concepts de seuil, bord et béance immonde. Si le seuil désigne le lieu, l’espace de l’entre-deux et en ce sens, le mouvement de l’accueil, la possibilité de rencontre avec l’inconnu, l’estime et l’action réciproque par la force des liens, le bord et la béance offrent un prisme tout à fait contraire.
Ce colloque vise à penser les nouvelles méthodologies et les nouvelles écritures susceptibles de rendre compte de la dimension émotionnelle de la vie sociale. Nous proposons ici d’interroger les enjeux méthodologiques et épistémologiques que soulèvent la prise en compte et l’analyse des émotions en sciences sociales. Nous examinerons en particulier comment cette dimension du sensible se pose concrètement dans les recherches (depuis leurs conceptions problématiques et méthodologiques jusqu’à la diffusion des savoirs produits) et ce qu’elle induit sur nos manières de connaître.
Si la prise en considération de nos émotions dans les activités d’enquête est souvent appréhendée comme un enjeu de connaissance, elle semble aussi à l’origine d’un véritable renouvellement de nos méthodologies à travers des expérimentations, de nouvelles formes d’enquête et d’écriture, ouvertes et imaginatives (nouvelles narrations sociologiques, récits audiovisuels ou sonores, récits graphiques, performance, etc.). Nous tenterons ici d’objectiver cette emprise du sensible dans les recherches grâce à l’examen de ses mises en jeu et en forme, tout en interrogeant leurs effets sur le façonnement des sciences sociales.
Titre du colloque :