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L’apport des Cultural Studies féministes pour l’analyse des campagnes de prévention du sexting chez les jeunes

ÉM

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Élisabeth Mercier : Université Laval

Résumé de la communication

Cette communication présente les résultats d’une analyse critique de deux récentes campagnes de prévention des risques du sexting chez les jeunes et des controverses qu’elles ont soulevées sur les réseaux sociaux. Ces campagnes mettent de l’avant le risque d’humiliation publique dans leurs messages afin de dissuader les filles de s’engager dans la pratique du sexting, mais elles sont contestées par des internautes qui font valoir que la « honte doit changer de camp ».

De façon plus spécifique, cette communication souhaite montrer la pertinence des cultural studies féministes pour examiner les enjeux de production de sens et les dynamiques du pouvoir, entre reproduction hégémonique et résistance, qui sont à l’œuvre tant sur Internet et les réseaux sociaux que dans le champ du féminisme. Cette approche permet de poser un regard critique sur les campagnes de prévention des risques liés au sexting et de prendre à la fois en compte les tactiques de résistance des jeunes femmes qui sont habituellement ciblées par ces campagnes. Les cultural studies féministes offrent en outre un angle approprié pour examiner le fonctionnement, les usages et les effets de pouvoir genrés de l’humiliation dans et autour des discours de prévention du sexting chez les jeunes.

Résumé du colloque

L’évolution des médias, de la communication, du numérique et des données massives interroge à nouveaux frais les problématiques de genre, et vice versa. Les études féministes et les études sur le genre en communication font d’ailleurs l’objet d’une grande effervescence ces dernières années dans la francophonie. Plusieurs dossiers de revues scientifiques en communication ont abordé ces questions (Recherches féministes, 2020; Revue française des sciences de l’information et de la communication, 2014; Revue africaine de communication, 2017). Les études du genre articulées aux communications et aux médias prennent de l’envergure (Brun et al., 2020), et des approches du genre en communication prennent forme au confluent des systèmes d’information et de communication, des études culturelles et des études de genre (Cervulle et Rees-Roberts, 2010; Biscarrat, 2019; Damian-Gaillard et al., 2014; Lallet, 2014; Lécossais, 2020). Cette rencontre est féconde et nécessaire « tant l’information comme la communication sont structurées par le genre » (Coulomb-Gully 2010, dans Biscarat, 2019).

L’objectif de ce colloque est d’approfondir et actualiser cette interrelation entre genre et communication. Prenant acte du pouvoir critique du genre à dévoiler les constructions sociales et politiques que dissimulent les concepts et savoirs (Blandin, et al., 2017; Dalibert, 2014), ce colloque vise également à rassembler des chercheur.e.s francophones et à faire état des travaux actuels sur trois plans.

● Éthique : Il s’agit d’interroger les responsabilités des chercheur.e.s, leur rapport de pouvoir sur le terrain, la circulation des biais de genre dans les dispositifs sociotechniques et les constructions symboliques. Les enjeux éthiques sous-jacents au poids du binarisme de genre dans la production algorithmique et médiatique (Arnold, 2016), au numérique qui brouille les catégories, défait et refait les rapports de genre (Boisvert, 2020).

● Méthodologique : L’émergence de nouveaux objets fait poindre des méthodes féministes sui generis. Quelle démarche ou méthode le genre peut constituer pour décoder les significations des dispositifs (Coulomb-Gully, 2010; Julliard, 2013; Julliard et Quenemer, 2014). Le numérique, les nouvelles dynamiques de circulation, production et réception, les données massives posent de nouveaux défis au genre (Luka et Millette, 2018; Boisvert et Bélanger, 2020). L’importance que prennent la coconstruction des savoirs, le savoir incarné ou situé est soulevée (Haraway, 1988; Delphy, 2009).

● Épistémologique : Dévoiler les implicites de la démarche scientifique (Biscarrat, 2013) et les façons dont la posture, la positionnalité, le « corps genré » des chercheur.e.s (Galinon-Mélénec et al, 2008) altèrent le rapport à l’objet. Il s’agit de proposer des pistes pour concevoir une science (féministe) plus juste, plus éthique, plus équitable et plus inclusive (Bourdeloie, 2018, 2020; Le Gallo et Millette, 2019, Brun, 2020).

Contexte

section icon Thème du congrès 2022 (89e édition) :
Sciences, Innovations, Sociétés
section icon Date : 12 mai 2022

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