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Le hockey pour tous, mais pas pour toutes ? Regard croisé sur la médiatisation du racisme et du sexisme au hockey

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Bachir Sirois-Moumni : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

Cette communication analyse deux cas de hockey sur glace québécois qui auront été marqués par des ajustement de discours sur le racisme et le sexisme. Le premier expose les condamnations d’actes explicitement racistes subis par le joueur de hockey semi-professionnel Jonathan-Ismael Diaby et sa famille dans un aréna de St-Jérôme au Québec. Dans le second cas, nous analysons les débats entourant l’exclusion de l’équipe de hockey féminine junior, les Rafales de la Mauricie.

Le sexisme est la forme de discrimination la moins contestée – la plus naturalisée - dans le monde du hockey, tandis que les actes racistes flagrants et explicites sont plus ou moins largement condamnés. Nous notons que les médias québécois une tendance à condamner les discours ouvertement racistes dans le hockey. Or, un tout autre discours est mobilisé pour les formes de sexisme flagrant. L’analyse du « cas Diaby » et du « cas Rafales» démontre les rouages qui soutiennent le développement symbolique du hockey contemporain nord-américain (le hockey pour tous, mais pas pour toutes). Les raisons de ces divergences entre les condamnations publiques du racisme et du sexisme prennent entre autres racines dans une conception du hockey comme espace légitime et incontesté de la masculinité hégémonique (Connell, R. & Messerschmidt, J, 2015 ; Adams, 2006 ; Allain , 2008 ; Gee, 2009), au détriment de performances de genre (Butler, 1990) qui ne cadrent pas avec cette vision magnifiée de l’idéal masculin viril.

Résumé du colloque

L’évolution des médias, de la communication, du numérique et des données massives interroge à nouveaux frais les problématiques de genre, et vice versa. Les études féministes et les études sur le genre en communication font d’ailleurs l’objet d’une grande effervescence ces dernières années dans la francophonie. Plusieurs dossiers de revues scientifiques en communication ont abordé ces questions (Recherches féministes, 2020; Revue française des sciences de l’information et de la communication, 2014; Revue africaine de communication, 2017). Les études du genre articulées aux communications et aux médias prennent de l’envergure (Brun et al., 2020), et des approches du genre en communication prennent forme au confluent des systèmes d’information et de communication, des études culturelles et des études de genre (Cervulle et Rees-Roberts, 2010; Biscarrat, 2019; Damian-Gaillard et al., 2014; Lallet, 2014; Lécossais, 2020). Cette rencontre est féconde et nécessaire « tant l’information comme la communication sont structurées par le genre » (Coulomb-Gully 2010, dans Biscarat, 2019).

L’objectif de ce colloque est d’approfondir et actualiser cette interrelation entre genre et communication. Prenant acte du pouvoir critique du genre à dévoiler les constructions sociales et politiques que dissimulent les concepts et savoirs (Blandin, et al., 2017; Dalibert, 2014), ce colloque vise également à rassembler des chercheur.e.s francophones et à faire état des travaux actuels sur trois plans.

● Éthique : Il s’agit d’interroger les responsabilités des chercheur.e.s, leur rapport de pouvoir sur le terrain, la circulation des biais de genre dans les dispositifs sociotechniques et les constructions symboliques. Les enjeux éthiques sous-jacents au poids du binarisme de genre dans la production algorithmique et médiatique (Arnold, 2016), au numérique qui brouille les catégories, défait et refait les rapports de genre (Boisvert, 2020).

● Méthodologique : L’émergence de nouveaux objets fait poindre des méthodes féministes sui generis. Quelle démarche ou méthode le genre peut constituer pour décoder les significations des dispositifs (Coulomb-Gully, 2010; Julliard, 2013; Julliard et Quenemer, 2014). Le numérique, les nouvelles dynamiques de circulation, production et réception, les données massives posent de nouveaux défis au genre (Luka et Millette, 2018; Boisvert et Bélanger, 2020). L’importance que prennent la coconstruction des savoirs, le savoir incarné ou situé est soulevée (Haraway, 1988; Delphy, 2009).

● Épistémologique : Dévoiler les implicites de la démarche scientifique (Biscarrat, 2013) et les façons dont la posture, la positionnalité, le « corps genré » des chercheur.e.s (Galinon-Mélénec et al, 2008) altèrent le rapport à l’objet. Il s’agit de proposer des pistes pour concevoir une science (féministe) plus juste, plus éthique, plus équitable et plus inclusive (Bourdeloie, 2018, 2020; Le Gallo et Millette, 2019, Brun, 2020).

Contexte

section icon Thème du congrès 2022 (89e édition) :
Sciences, Innovations, Sociétés
section icon Date : 12 mai 2022

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