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Christian Jobin : Cégep Beauce-Appalaches
Dans Sphères de justice, Michael Walzer (1997, p. 160) remarque que l’un des arguments mis couramment en avant chez les défenseurs du capitalisme est que « le marché, s’il est libre, donne exactement à chacun ce qu’il mérite ». Dans la mesure où la justice consiste, pour la majorité des gens, à recevoir ce que l’on mérite, il n’est dès lors pas étonnant que certains puissent considérer que la distribution de la richesse générée par un libre marché est juste. Pourtant, le libre marché génère actuellement de très fortes inégalités économiques en raison notamment de l’émergence de ce que Robert H. Frank (2010, p. 71) appelle des « marchés où le gagnant rafle la mise » qui sont, selon lui, des marchés où « des différences mineures en termes de performances se traduisent par des différences gigantesques en termes de revenus ». Les marchés où le gagnant rafle la mise accordent-ils à chacun ce qu’il mérite ? Dans cette communication, je me propose donc de répondre à cette question tout en interrogeant ses diverses implications, notamment à l’égard de la fiscalité.
Afin de faire écho au thème du 89e Congrès de l’Acfas, intitulé Sciences, innovations, sociétés, la Société de philosophie du Québec invite ses membres à réfléchir à la complexité et à la richesse des rapports (passés, présents et futurs) entre science, philosophie et société.
Érigées en champs de recherche autonomes, la philosophie et la science se sont développées de concert, nouant à chaque époque des rapports singuliers mais aussi changeants. Dans l’Antiquité, la philosophie s’institue en rupture avec l’opinion et coïncide avec la science en tant que quête de la vérité. À l’époque moderne, l’expression philosophie naturelle évoque encore l’idée selon laquelle la science et la philosophie relèvent d’une même entreprise intellectuelle.
Du tronc commun auquel elles appartenaient jusqu’alors, la physique, la chimie, la biologie et la psychologie s’autonomisent entre le 17e et le 19e siècle. Au 20e siècle, la phénoménologie et la philosophie analytique vont s’engager dans des voies qui opposeront frontalement science et philosophie. Néanmoins, dans le sillage du retour du naturalisme, les rapports entre la philosophie et les sciences empiriques seront une fois de plus appelés à se réinventer. Parfois envisagées comme étant « sur le même bateau », la science et la philosophie ont connu un nouveau rapprochement qui déboucha plus récemment sur l’idée d’une « philosophie expérimentale ».
Alors que la science est appelée à servir de fondement à la décision politique, réfléchir aux configurations qu’ont connues la science et la philosophie dans l’histoire de la pensée philosophique conduit à interroger de nouveau le rôle de la philosophie dans la science et dans la société plus largement. Comment et par quelles voies la philosophie peut-elle contribuer à la science? Inversement, qu’est-ce que la science peut amener à la philosophie, et comment décrire cet apport? Et comment ce dialogue pourrait-il enrichir la contribution de la philosophie aux grands débats de société?
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