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Denise Tousignant : Société Provancher
Fondé en 1868 par l’abbé Léon Provancher, Le Naturaliste canadien est la plus vieille — et actuellement, la seule — revue scientifique exclusivement francophone consacrée aux sciences naturelles en Amérique du Nord. Ses articles comportent toutefois des résumés en anglais. La revue est diffusée sur la plateforme Érudit depuis 2012 et est produite uniquement en format numérique depuis 2020. Son contenu (2 numéros par année) est offert en libre accès après un an de parution. À l’heure actuelle, elle est entièrement financée par la Société Provancher d’Histoire naturelle du Canada et par les redevances que verse Érudit à celle-ci pour les abonnements institutionnels. Elle doit son succès à l’implication majoritairement bénévole d’une trentaine de personnes (bureau de direction, équipe de rédaction, vérification technique, révision linguistique, marketing, etc.).
Dans l’écosystème international de la recherche, la communication et le transfert des connaissances très majoritairement en anglais influent sur l’éducation supérieure. Voulant démontrer que la construction d’une pensée scientifique solide et innovante se déploie sur plusieurs piliers, ce colloque vise à renouveler les perspectives d’analyse et d’action afin que l’édition scientifique francophone, au cœur même des institutions du savoir et des carrières universitaires, dispose des ressources essentielles à son développement national et international. Paradoxalement, alors que le français est la langue officielle au Québec et que le Canada a des obligations à son égard, les revues scientifiques francophones constituent l’angle mort du financement de la recherche alors que ces revues constituent un pilier fort de la diffusion de la pensée. Dans un monde de plus de 300 millions de francophones comptant en outre de très nombreux francophiles, il importe que les institutions gouvernementales et les agences subventionnaires s’appuient, par souci de cohérence, sur des réussites déjà enviables pour réviser sérieusement le dossier du financement des revues.
La perte de diversité linguistique, perte de cheminements d’idées, d’intuitions scientifiques et de connaissances collectives, transcende nos frontières. Or, comment répondre à l’ampleur, à la complexité et à l’urgence des enjeux mondiaux (environnementaux, sociaux, politiques, économiques) à travers le prisme d’une seule langue dominante? Nous avons réussi à éviter un tel écueil et à renverser la tendance avec brio et à notre avantage collectif, dans les domaines de la chanson et du cinéma. Ne peut-on déployer quelques ressources pour limiter, voire éviter, l’érosion de la transmission des savoirs scientifiques en français? Le Québec a joué ce rôle pionnier dans l’émergence de la francophonie du savoir. Or, l’excellence de ses productions scientifiques et de leur diffusion internationale en français, où elle dispose déjà d’atouts non négligeables, l’invite à assurer un financement de l’édition scientifique et notamment des revues, indispensable à la diversité de savoirs novateurs.
Titre du colloque :