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Isabelle Vachon : UQAT - Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue
Le récit de vie, comme outil de collecte de données et dispositif de recherche, est approprié pour « ouvrir des lieux de paroles mal recensés et des univers socioculturels difficiles d’accès » (Bah, Ndione et Tiercelin, 2015, par. 5). C’est dans cette perspective qu’une étude narrative, basée sur le récit de vie (Bertaux, 2016 ; Desmarais, 2021), a été réalisée à l’hiver 2022 au Québec. Cette étude s’est intéressée à mieux comprendre les parcours de personnes apprenantes au cheminement atypique et ayant un rapport non traditionnel avec les études au postsecondaire (Paquelin, 2020). Ainsi, le récit de vie a permis de mettre au jour leurs voix et leurs réflexions sur leur expérience, en plus de révéler les obstacles, parfois systémiques, auxquels elles sont confrontées.
Cette communication rendra compte de la démarche mise en œuvre pour appréhender les situations de vulnérabilité des personnes apprenantes au rapport non traditionnel avec les études au postsecondaire. Elle proposera une réflexion sur les avantages de ce dispositif de recherche, mais aussi sur les écueils rencontrés, autant au regard de la collecte de données que de leur analyse. La conclusion démontrera comment les approches narratives permettent de faire ressortir les liens entre l’objectif et le subjectif, mais aussi la façon dont la relation entre la chercheuse et la personne interrogée teinte le récit, illustrant ainsi l’intersubjectivité dans le discours (Bah, Ndione et Tiercelin, 2015).
L’essor de l’emploi des histoires de vie en formation (Pineau et Marie-Michèle, 1983) et des récits de vie en sciences sociales et humaines s’inscrit dans une tendance qui participe d’un « tournant narratif » (Denzin, 1989; Goodson et Gill, 2011), voire de l’émergence d’un paradigme du biographique. Depuis déjà une quarantaine d’années, l’usage des récits et des histoires de vie dans les domaines de la recherche et de la formation d’adultes en éducation, les sciences médicales, la santé publique et l’accompagnement dans le contexte du soin s’est multiplié. Non seulement les terrains investis se sont diversifiés, mais les formes des récits proposées et les angles théoriques pour les étudier l’ont été également. Les objets théoriques sont très variés; si l’immigration est un sujet abordé depuis déjà 100 ans (et il est loin d’être épuisé), de nouveaux sujets tels que la vulnérabilité, les situations de handicap ou l’écobiographie se développent. Ce colloque s’adresse à des chercheurs et chercheuses qui emploient différentes formes de récits de vie en sciences de l’éducation, ainsi qu’à des étudiants et étudiantes qui s’y intéressent dans un triple objectif : 1) approfondir leurs approches épistémologiques et leur scientificité; 2) situer leurs terrains; et 3) présenter les démarches méthodologiques articulées avec les perspectives théoriques retenues et partager leurs apports. Il s’agira, à partir de ces travaux, d’interroger selon une perspective sociohistorique et épistémologique le paradigme de la recherche biographique dans le champ des sciences humaines et sociales.
Titre du colloque :