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Matthias Finger : Istanbul Teknik Üniversitesi
Dans ma contribution j’aimerais réfléchir au rôle que l’approche a joué et continue de jouer dans mon propre parcours de vie, et ceci dans les trois dimensions de «ma perspective sur l’avenir», de «mon engagement social» et de mes «considérations épistémologiques». Ces trois dimensions sont en fait étroitement liées: ma perspective sur l’avenir a déterminé et continue à déterminer mon engagement social et cet engagement implique une certaine épistémologie, notamment inspirée de l’herméneutique. Aussi, mon parcours de vie se laisse découper en trois périodes soit avant 1994, entre 1995 et 2013 et depuis 2014. Pendant la première période je théorise l’approche biographique d’un point de vue épistémologique comme outil de conscientisation sociale; ainsi, l’approche biographie est pour moi au cœur de l’éducation des adultes telle que je la comprends. La deuxième période (1995-2013) se caractérise par une certaine désillusion avec cette même éducation des adultes et l’approche biographique se réduit en fait à une simple méthode de recherche qualitative, sans véritable aspiration épistémologique. Dans la troisième période (depuis 2014), je reprends des activités de formation d’adultes, mais cette fois dans une perspective sur l’avenir beaucoup plus pessimiste et d’un engagement (social) plus intellectuel. La question épistémologique et notamment l’herméneutique réémerge alors comme outil privilégié d’une réinterprétation de l’histoire occidentale.
L’essor de l’emploi des histoires de vie en formation (Pineau et Marie-Michèle, 1983) et des récits de vie en sciences sociales et humaines s’inscrit dans une tendance qui participe d’un « tournant narratif » (Denzin, 1989; Goodson et Gill, 2011), voire de l’émergence d’un paradigme du biographique. Depuis déjà une quarantaine d’années, l’usage des récits et des histoires de vie dans les domaines de la recherche et de la formation d’adultes en éducation, les sciences médicales, la santé publique et l’accompagnement dans le contexte du soin s’est multiplié. Non seulement les terrains investis se sont diversifiés, mais les formes des récits proposées et les angles théoriques pour les étudier l’ont été également. Les objets théoriques sont très variés; si l’immigration est un sujet abordé depuis déjà 100 ans (et il est loin d’être épuisé), de nouveaux sujets tels que la vulnérabilité, les situations de handicap ou l’écobiographie se développent. Ce colloque s’adresse à des chercheurs et chercheuses qui emploient différentes formes de récits de vie en sciences de l’éducation, ainsi qu’à des étudiants et étudiantes qui s’y intéressent dans un triple objectif : 1) approfondir leurs approches épistémologiques et leur scientificité; 2) situer leurs terrains; et 3) présenter les démarches méthodologiques articulées avec les perspectives théoriques retenues et partager leurs apports. Il s’agira, à partir de ces travaux, d’interroger selon une perspective sociohistorique et épistémologique le paradigme de la recherche biographique dans le champ des sciences humaines et sociales.
Titre du colloque :