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Mélissa Di Sante : Centre de recherche en santé publique (CReSP)
Au Québec comme ailleurs, de nombreux jeunes enfants grandissent dans des conditions de défavorisation qui les empêchent de développer leur plein potentiel sur le plan du langage et de la communication pendant leurs premières années de vie. Les écrits scientifiques indiquent que ce sont constamment les enfants qui grandissent dans les quartiers les plus défavorisés qui sont les plus nombreux à présenter des difficultés de langage, et ce, avant même leur entrée à l’école. Or, nous savons que ces compétences langagières précoces exercent une influence importante sur le développement global, la réussite éducative, la qualité de vie et la santé des individus. Par conséquent, la lutte contre ces inégalités sociales dans le développement du langage devrait être considérée comme un enjeu important de santé publique. L’objectif de cette présentation est d’effectuer un bref survol des connaissances sur les inégalités sociales dans le développement du langage en s’appuyant sur des concepts centraux tirés du domaine de la santé publique. Entre autres, les notions de « déterminants sociaux de la santé », et de « gradient social de santé » seront introduites, et leur application au domaine du développement du langage sera discutée. Cette présentation contribuera à une meilleure compréhension des mécanismes associés à la présence de difficultés de langage précoces, importantes et persistantes chez les enfants qui grandissant en contexte d’adversité, dont la négligence.
La négligence est la forme de maltraitance la plus fréquente chez les enfants âgés de moins de 6 ans (Bilan des directeurs de la protection de la jeunesse, 2021). Ces enfants sont non seulement très nombreux, mais ils sont aussi ceux qui présentent le plus de difficultés dans le domaine du développement du langage (McDonald, Milne, Knight et Webster, 2013). Selon la composante langagière évaluée (p. ex., le lexique, la syntaxe, la pragmatique), la prévalence des difficultés langagières chez les enfants négligés est de 5 à 10 fois plus élevée que chez leurs pairs du même âge (Di Sante, Sylvestre, Bouchard et Leblond, 2019; Julien, Sylvestre, Bouchard et Leblond, 2019).
Or, présenter des habiletés langagières conformes aux attentes développementales est essentiel au développement cognitif des enfants, à l’établissement et au maintien de relations interpersonnelles positives et à leur réussite éducative. Il importe donc de bien comprendre les trajectoires développementales du langage de ces enfants ainsi que les conditions environnementales qui peuvent en soutenir un développement harmonieux. À cet égard, la qualité des interactions adulte-enfant s’impose comme un facteur de protection susceptible de contrecarrer les effets négatifs de l’exposition aux nombreuses conditions adverses auxquelles les enfants en situation de négligence sont confrontés (Di Sante, Sylvestre, Bouchard et Leblond, 2020).
Le projet ELLAN (Étude longitudinale sur le langage et la négligence) a été réalisé dans le but de mieux comprendre le développement langagier des enfants tout-venant et ceux confrontés à des conditions adverses. Le projet visait spécifiquement à étudier les facteurs personnels, familiaux et sociaux associés au développement du langage d’enfants en situation de négligence entre l’âge de 3 et 5 ans. Cette étude a contribué à l’avancement des connaissances dans plus d’un domaine alors que le colloque offrira l’occasion d’en partager les principales retombées.
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