Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Eszter Kovács : NKE
De l’œuvre d’Émilie Du Châtelet, la recherche dispose d’un ensemble d’ouvrages imprimés (comme les Institutions de physique, l’édition de 1740 et celle de 1742) et des manuscrits, autographes ou copies. Ces manuscrits sont dispersés dans plusieurs bibliothèques et collections, voire dans différents pays au monde. Les spécialistes n’ont pas facilement accès à ces documents et doivent souvent se servir de sources intermédiaires, telles que les transcriptions d’Ira O. Wade de l’essai De la liberté, faites dans les années 1940. Les jeunes chercheurs peuvent préférer les ouvrages imprimés, normalisés, modernisés. Cependant, les manuscrits dispersés et les informations qu’ils fournissent permettent d’argumenter en faveur de l’originalité de la pensée de Mme Du Châtelet, longtemps qualifiée de traductrice et de passeur scientifique. Dans ma communication, je cherche à examiner les passages manuscrits autographes qui permettent ce travail de remise en valeur. A titre d’exemples, je tiens à mentionner un fragment manuscrit qui renforce l’hypothèse selon laquelle Mme Du Châtelet était l’autrice du texte De la liberté et un autre qui témoigne de sa réflexion sur le changement de paradigmes scientifiques.
Afin de faire écho au thème du 89e Congrès de l’Acfas, intitulé Sciences, innovations, sociétés, la Société de philosophie du Québec invite ses membres à réfléchir à la complexité et à la richesse des rapports (passés, présents et futurs) entre science, philosophie et société.
Érigées en champs de recherche autonomes, la philosophie et la science se sont développées de concert, nouant à chaque époque des rapports singuliers mais aussi changeants. Dans l’Antiquité, la philosophie s’institue en rupture avec l’opinion et coïncide avec la science en tant que quête de la vérité. À l’époque moderne, l’expression philosophie naturelle évoque encore l’idée selon laquelle la science et la philosophie relèvent d’une même entreprise intellectuelle.
Du tronc commun auquel elles appartenaient jusqu’alors, la physique, la chimie, la biologie et la psychologie s’autonomisent entre le 17e et le 19e siècle. Au 20e siècle, la phénoménologie et la philosophie analytique vont s’engager dans des voies qui opposeront frontalement science et philosophie. Néanmoins, dans le sillage du retour du naturalisme, les rapports entre la philosophie et les sciences empiriques seront une fois de plus appelés à se réinventer. Parfois envisagées comme étant « sur le même bateau », la science et la philosophie ont connu un nouveau rapprochement qui déboucha plus récemment sur l’idée d’une « philosophie expérimentale ».
Alors que la science est appelée à servir de fondement à la décision politique, réfléchir aux configurations qu’ont connues la science et la philosophie dans l’histoire de la pensée philosophique conduit à interroger de nouveau le rôle de la philosophie dans la science et dans la société plus largement. Comment et par quelles voies la philosophie peut-elle contribuer à la science? Inversement, qu’est-ce que la science peut amener à la philosophie, et comment décrire cet apport? Et comment ce dialogue pourrait-il enrichir la contribution de la philosophie aux grands débats de société?
Titre du colloque :
Thème du colloque :