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Les marqueurs de crues, une représentation efficace des risques d’inondation ?

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Emmanuelle Bouchard-Bastien : INSPQ - Institut national de santé publique du Québec

Résumé de la communication

Tâcher de comprendre pourquoi certains riverains anticipent les inondations et se préparent alors que d’autres demeurent surpris par leur survenu est une question au coeur de certaines recherches en anthropologie et en géographie à propos des inondations récurrentes. Une des dimensions largement mobilisées pour approfondir cette dynamique est l’utilisation ancienne des marqueurs de crues comme outil permettant de garder vivantes la mémoire et la culture du risque, et ainsi contribuer à l’anticipation de la montée des eaux. Or, les marqueurs de crues ne permettent pas toujours de poser les enjeux temporels et spatiaux des inondations ou de transmettre les contextes sociaux et politiques de leur mise en place.

Se basant sur une recherche doctorale en anthropologie de l’environnement qui interroge les rapports socioenvironnementaux des riverains du bassin versant de la rivière Sainte-Anne dans un contexte d’inondations récurrentes, la présentation s’attardera sur les usages des marqueurs de crues à travers l’histoire, et propres à ce terrain de recherche. Par la suite seront présentés les enjeux associés à leur implantation et à leurs effets sur les représentations sociales des rivières et des inondations. Au final, l’objectif de la présentation est de mener à une discussion sur l’efficacité des marqueurs de crues comme stratégie de prévention des inondations récurrentes, en plus de réfléchir sur les approches prometteuses pour favoriser la cohabitation avec les crues.

Résumé du colloque

DES RISQUES NATURELS SOUS-ESTIMÉS?

Le Québec, à l’instar d’autres régions du monde, fait face à un défi sans cesse croissant, celui de pertes économiques, et quelquefois de vies humaines, engendrées par des catastrophes naturelles. Pour les seules inondations, le gouvernement du Québec a instauré par décret en 2019 une zone d’intervention spéciale (ZIS) qui impose un moratoire sur la construction de bâtiments et sur la reconstruction de ceux qui ont été détruits par une inondation. Cela pose toute la difficulté d’appliquer une réglementation qu’il faudra, par ailleurs, parfaire. La multiplication des cartographies de zones inondables, par de nombreux acteurs, n’aide pas à convaincre. Elle montre surtout les limites d’une approche probabiliste sur les périodes de retour d’événements extrêmes.

Les changements climatiques vont exacerber d’autres risques, quelque peu sous-estimés. Les vagues de chaleur et les incendies de forêt constitueront les nouveaux défis pour les années à venir. Il est important de réviser les modèles de prévision, par rapport à ces risques, et de mettre en place des politiques de prévention et d’intervention rigoureuses.

Contexte

section icon Thème du congrès 2022 (89e édition) :
Sciences, Innovations, Sociétés
section icon Date : 12 mai 2022

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