Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Simon Collin : UQAM - Université du Québec à Montréal
Si le potentiel éducatif de l’IA est régulièrement mis de l’avant sur le plan social, politique, médiatique et scientifique, les risques éducatifs qu’elle soulève sont moins souvent abordés, notamment dans la littérature scientifique (Zawacki-Richter et al., 2019). L’objectif de cette communication est de présenter les résultats d’une revue systématique de la littérature (Landry et al., 2009) sur les risques éducatifs de l’IA en éducation. Après avoir fait une recherche documentaire des articles scientifiques abordant les risques éducatifs de l’IA depuis 2010 dans différentes bases de données, nous avons procédé à une analyse thématique des 59 articles retenus. Le codage semi-ouvert que nous avons adopté nous a permis d’aboutir à l’identification d’une trentaine de risques que l’IA suscite en éducation. Par un travail d’abstraction, nous avons ensuite regroupé ces risques en sept catégories, dont chacune correspond à une tension entre certaines dimensions humaines et certaines dimensions techniques. Nous commençons par présenter la démarche méthodologique que nous avons suivie, puis les résultats auxquels nous avons abouti, en exposant les tensions entre l’IA et l’éducation et les risques que ces tensions peuvent générer si elles ne sont pas anticipées et prises en compte. Nous concluons sur l'importance d’accompagner les développements de l’IA en éducation d’une vigilance critique et éthique pour contribuer à l’orienter vers des finalités éducatives souhaitables.
La course à la mobilisation du numérique et de l’intelligence artificielle (IA) pour la transformation pédagogique devient une priorité des institutions éducatives afin de mieux répondre aux besoins de développement des compétences humaines et techniques ainsi que du marché du travail en pleine mouvance, tout en s’inscrivant dans des démarches critiques et éthiques. L’objectif est de mettre l’humain au centre pour ajouter de la pertinence à l’enseignement supérieur, le rendant ainsi plus agile et durable. Dans la conjoncture économique actuelle, les besoins de nos sociétés post-COVID impliquent l’apprentissage tout au long de la vie, ce qui exige la personnalisation, la diversification et la flexibilisation de l’apprentissage. Ces trois exigences supposent de mettre l’équité, l’inclusion, la capacitation et l’émancipation au cœur de nos pratiques et de porter une attention particulière à la santé mentale des apprenantes et apprenants de même que des actrices et acteurs en éducation et en formation. Les changements démographiques et économiques, la demande de formations courtes, rapides et flexibles ainsi que la notion de compétences du futur guident des réflexions éthiques et critiques autour de l’utilisation des technologies émergentes, notamment l’intelligence artificielle et les réalités virtuelles, augmentées, mixtes et croisées, dans l’éducation du futur.
Ce colloque vise à faciliter des discussions et des réflexions constructives autour : 1) de l’appropriation responsable et efficace de l’IA et du numérique pour des expériences d’apprentissage augmentées, adaptatives, inclusives, équitables et surtout plus humaines; 2) des compétences techniques et humaines requises pour concevoir, développer, déployer et faciliter des formations à l’aide de l’IA et du numérique d’une façon critique, éthique, responsable et durable (dimensions environnementales, sociologiques et économiques); et 3) de la capacitation et du bien-être par et à travers l’IA responsable et le numérique accessible.
Nous déclinons la pertinence de ce colloque en trois piliers : 1) l’IA en éducation en tant que champ de recherche à construire; 2) l’IA, un enjeu pour l’éducation de demain; et 3) une communauté transdisciplinaire à fédérer. Ce colloque est une façon concrète d’offrir un lieu commun de partage de résultats de recherche et de réflexion tous azimuts. Il est coorganisé par l’OBVIA, le GRIIPTIC, le CRIEVAT et quatre chaires d’enseignement et de recherche : la Chaire de leadership en enseignement sur les pratiques pédagogiques innovantes en contexte numérique – Banque Nationale (Naffi), la Chaire de recherche de l’Université Concordia en culture maker (Davidson), la Chaire de recherche du Canada sur l’équité numérique en éducation (Collin), et la Chaire de leadership en enseignement sur la pédagogie de l’enseignement supérieur (Paquelin).
Titre du colloque :