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L’intégration de la traduction automatique dans les programmes de traduction universitaires

EM

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Elliott Macklovitch : Expert-conseil

Résumé de la communication

Je donne, à l’Université de Montréal, le cours intitulé « Outils informatiques des langagiers » : ce n’est pas un cours de traduction à proprement parler, mais plutôt une introduction aux différentes aides à la traduction. Cependant, devant les progrès remarquables de la TA, la question que l’on doit se poser dans les programmes est la suivante : peut-on ne pas enseigner la traduction automatique à celles et ceux qui se trouveront sur le marché de travail d’ici quelques années? Beaucoup de professeurs sont d’avis que l’on devrait attendre avant d’exposer les étudiants à la TA, le temps qu’ils apprennent les bases du métier. C’était une attitude raisonnable il y a quelques années, mais plus tellement aujourd’hui, où la TA est omniprésente dans notre vie. J’introduis la TA vers la fin du trimestre en commençant par un survol historique, pour que les étudiants comprennent le changement radical qui est survenu entre les systèmes à base de règles et les systèmes à base de corpus. J’explique pourquoi les traducteurs devraient éviter les systèmes offerts sur un portail web public et je présente les avantages d’exploiter la TA à l’intérieur d’un environnement qui offre aussi une mémoire de traduction. Le message que j’essaie de transmettre est le suivant : même si la TA neuronale peut de plus en plus fournir une traduction adéquate pour beaucoup de types de textes, seul le traducteur humain peut transformer ces sorties dites « good enough » en traductions de « top qualité ».

Résumé du colloque

Le numérique modifie en profondeur le fonctionnement de nos sociétés, en particulier le domaine de la traduction, notamment du fait de l’émergence actuelle de la traduction automatique neuronale. Certes, comme l’a déclaré un traductologue-praticien, « la technologie ne remplacera pas les traducteurs, mais les traducteurs qui utilisent la technologie remplaceront ceux qui ne l’utilisent pas ». La traduction automatique rime avec postédition, comme étape nécessaire à la qualité livrable, ainsi qu’avec les mémoires de traduction et autres logiciels faisant du traducteur humain un « traducteur outillé ». Les avancées technologiques de la profession ont suscité de nombreux travaux de recherche traductologiques; elles questionnent aussi les formateurs en traduction, soucieux d’offrir des programmes à la fine pointe et de préparer les cohortes étudiantes aux transformations du monde du travail.

En parallèle, le récent recours « obligé » à l’enseignement en ligne a éveillé ou renouvelé l’intérêt pour des questions didactiques de fond en faveur de l’innovation pédagogique. On peut s’attendre à ce que de nouvelles formes de prestations, hybrides ou comodales, en complément à l’enseignement à distance, soient désormais davantage en demande. Se pose donc avec plus d’acuité la problématique maintes fois soulignée du nécessaire arrimage de la formation en traduction avec les acquis des sciences de l’éducation, sans oublier la prise en compte de la conscientisation actuelle touchant l’inclusion et la diversification des apprentissages.

Sous l’angle des innovations, le colloque vise à explorer deux grandes facettes concernant la formation en traduction : l’optimisation des divers modes de prestation en ligne ou en présentiel et l’intégration efficace de la traduction automatique et autres outils technologiques dans la formation et les activités d’apprentissage. D’autres aspects concernant l’optimisation de la formation professionnelle pourront aussi être considérés pour ce colloque.

Contexte

section icon Thème du congrès 2022 (89e édition) :
Sciences, Innovations, Sociétés
section icon Date : 12 mai 2022

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