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Julian Zapata : Université d'Ottawa
De la pierre de Rosette à la traduction automatique neuronale, les traducteurs humains se sont toujours adaptés aux évolutions des outils d’écriture et des machines. Or, de nos jours, l’infonuagique et l’informatique omniprésente posent des défis sans précédent à la profession. Ces nouvelles approches informatiques se caractérisent par la présence de dispositifs, de services et d’informations numériques disponibles à tout moment et en tout lieu. Ainsi, les formateurs comme les chercheurs en traduction s’intéressent de plus en plus à l’actualisation du poste de travail du traducteur, laissant derrière les interfaces dites « traditionnelles » pour intégrer, progressivement, de nouvelles interfaces et de nouveaux modes d’interaction. L’une des approches ayant attiré l’attention de certains acteurs, dont les formateurs, est la traduction dictée interactive (TDI), se caractérisant par l’utilisation des technologies de reconnaissance vocale et des appareils mobiles et multimodaux comme les ordinateurs à écran tactile, les tablettes numériques et les téléphones intelligents (Zapata et Quirion, 2016).
Dans la présente communication, nous rendons compte d’une série de projets de recherche appliquée collaborative ayant comme but la conception d’une plateforme en ligne d’apprentissage de la TDI. Des études, réalisées auprès d’une centaine de participants (étudiants, professeurs de traduction et traducteurs en exercice), ont permis la conception de ce module d’apprentissage autodirigé.
Le numérique modifie en profondeur le fonctionnement de nos sociétés, en particulier le domaine de la traduction, notamment du fait de l’émergence actuelle de la traduction automatique neuronale. Certes, comme l’a déclaré un traductologue-praticien, « la technologie ne remplacera pas les traducteurs, mais les traducteurs qui utilisent la technologie remplaceront ceux qui ne l’utilisent pas ». La traduction automatique rime avec postédition, comme étape nécessaire à la qualité livrable, ainsi qu’avec les mémoires de traduction et autres logiciels faisant du traducteur humain un « traducteur outillé ». Les avancées technologiques de la profession ont suscité de nombreux travaux de recherche traductologiques; elles questionnent aussi les formateurs en traduction, soucieux d’offrir des programmes à la fine pointe et de préparer les cohortes étudiantes aux transformations du monde du travail.
En parallèle, le récent recours « obligé » à l’enseignement en ligne a éveillé ou renouvelé l’intérêt pour des questions didactiques de fond en faveur de l’innovation pédagogique. On peut s’attendre à ce que de nouvelles formes de prestations, hybrides ou comodales, en complément à l’enseignement à distance, soient désormais davantage en demande. Se pose donc avec plus d’acuité la problématique maintes fois soulignée du nécessaire arrimage de la formation en traduction avec les acquis des sciences de l’éducation, sans oublier la prise en compte de la conscientisation actuelle touchant l’inclusion et la diversification des apprentissages.
Sous l’angle des innovations, le colloque vise à explorer deux grandes facettes concernant la formation en traduction : l’optimisation des divers modes de prestation en ligne ou en présentiel et l’intégration efficace de la traduction automatique et autres outils technologiques dans la formation et les activités d’apprentissage. D’autres aspects concernant l’optimisation de la formation professionnelle pourront aussi être considérés pour ce colloque.
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