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Martin Maltais : UQAR - Université du Québec à Rimouski
À partir d’une analyse des politiques gouvernementales et institutionnelles, ce chapitre expliquera comment l’internationalisation de l’éducation constitue le reflet du rôle que la société québécoise se donne sur la scène internationale. Il analysera également l’impact qu’ont eu les politiques et soutiens financiers gouvernementaux, depuis le début des années 2000, sur les stratégies d’internationalisation des universités québécoises. Les financements apportés aux mobilités étudiantes internationales sortantes, les modifications aux subventions versées aux universités pour les étudiants internationaux inscrits, la fluctuation des droits de scolarité majorés qui sont exigés d’eux, les changements aux règles de réallocation des droits majorés perçus, les exemptions gouvernementales de droits de scolarité majoré (étudiants français, belges, etc.) sont notamment des mesures qui, à divers degrés, ont influencé les stratégies institutionnelles d’internationalisation.
Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, la plupart des pays sont entrés dans ce que certains appellent la « société du savoir » (Bernatchez, 2014; UNESCO, 2005). L’enseignement supérieur (ES) est un pilier des sociétés du savoir, en ce sens qu’il est dépositaire des connaissances accumulées par l’humanité et assure une formation (tout au long de la vie) permettant aux citoyens de fonctionner dans leur société tout en produisant de nouvelles connaissances sur des enjeux complexes (comme la génétique, l’insécurité alimentaire, l’intelligence artificielle, la robotique avancée). L’ES contribue également à la réputation des États où les découvertes ont été produites (Hazelkorn, 2013; Marginson, 2016; UNESCO, 2005).
Au cœur de la société du savoir, l’ES représente des investissements mondiaux de 1 900 milliards de dollars (Kim, 2017); au Canada, les revenus totaux des établissements d’ES dépassent les 38,7 milliards (Statistique Canada, 2020). Ces investissements servent à soutenir les missions de l’ES, qui contribuent directement à la société du savoir par ses activités : enseignement et apprentissage; recherche et innovation; service aux collectivités (Kerr, 1963). Or, malgré la multiplication des rapports et des avis du Conseil supérieur de l’éducation, des rapports et des analyses faits pour le gouvernement (Bissonnette et Porter, 2013; Corbo, 2013, 2017) et des recommandations découlant du chantier sur l’université du futur (Quirion, Bergeron, Corbo et al., 2021), notre connaissance des conditions dans lesquelles s’accomplissent ces missions demeure limitée.
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