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Marie Pellen : OpenEdition
OpenEdition Journals est une plateforme de revues en sciences humaines et sociales. Créée en 1999, la plateforme est un projet issu de la communauté de scientifique. Initialement portée par quelques jeunes chercheurs et chercheuses qui ont souhaité se saisir des opportunités offertes par le numérique pour diffuser plus largement le savoir, le projet a pris de l’ampleur et est maintenant reconnu infrastructure nationale de recherche.
OpenEdition est une infrastructure soucieuse d’accompagner les revues vers l’accès ouvert, de leur permettre de s’approprier les enjeux de l’édition numérique tout en veillant à respecter la ligne éditoriale de chacune de ses revues adhérentes. L’infrastructure soutient la bibliodiversité et inscrit l’ensemble de ses activités dans une démarche de science ouverte.
Cette présentation sera l’occasion de revenir sur cette expérience de plus de 20 ans, de dresser un portrait de la plateforme en 2022 et de présenter les perspectives et les enjeux pour les années à venir.
Dans l’écosystème international de la recherche, la communication et le transfert des connaissances très majoritairement en anglais influent sur l’éducation supérieure. Voulant démontrer que la construction d’une pensée scientifique solide et innovante se déploie sur plusieurs piliers, ce colloque vise à renouveler les perspectives d’analyse et d’action afin que l’édition scientifique francophone, au cœur même des institutions du savoir et des carrières universitaires, dispose des ressources essentielles à son développement national et international. Paradoxalement, alors que le français est la langue officielle au Québec et que le Canada a des obligations à son égard, les revues scientifiques francophones constituent l’angle mort du financement de la recherche alors que ces revues constituent un pilier fort de la diffusion de la pensée. Dans un monde de plus de 300 millions de francophones comptant en outre de très nombreux francophiles, il importe que les institutions gouvernementales et les agences subventionnaires s’appuient, par souci de cohérence, sur des réussites déjà enviables pour réviser sérieusement le dossier du financement des revues.
La perte de diversité linguistique, perte de cheminements d’idées, d’intuitions scientifiques et de connaissances collectives, transcende nos frontières. Or, comment répondre à l’ampleur, à la complexité et à l’urgence des enjeux mondiaux (environnementaux, sociaux, politiques, économiques) à travers le prisme d’une seule langue dominante? Nous avons réussi à éviter un tel écueil et à renverser la tendance avec brio et à notre avantage collectif, dans les domaines de la chanson et du cinéma. Ne peut-on déployer quelques ressources pour limiter, voire éviter, l’érosion de la transmission des savoirs scientifiques en français? Le Québec a joué ce rôle pionnier dans l’émergence de la francophonie du savoir. Or, l’excellence de ses productions scientifiques et de leur diffusion internationale en français, où elle dispose déjà d’atouts non négligeables, l’invite à assurer un financement de l’édition scientifique et notamment des revues, indispensable à la diversité de savoirs novateurs.
Titre du colloque :