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Léa Lefevre-Radelli : UQTR- Université du Québec à Trois-Rivières
Au Canada, les inégalités d’accès à l’éducation sont particulièrement fortes entre Autochtones et allochtones. D’après Statistique Canada (2016), 3 Autochtones sur 10 avaient décroché du secondaire sans obtenir leur diplôme, et 11% des Autochtones étaient titulaires d’un diplôme universitaire, contre 29% des Canadiens. Dans ce contexte, penser l’équité en milieu collégial implique d’abord de comprendre l’ampleur des discriminations dont sont victimes les étudiant.e.s Autochtones. Cette communication se déroulera en deux parties. Je présenterai d’abord les résultats de ma recherche doctorale portant sur l’expérience d’étudiant.e.s autochtones. Entre 2013 et 2019, j’ai réalisé des entrevues avec 24 membres des Premières Nations ayant étudié dans les universités francophones à Montréal. En me basant sur des études issues des Critical racial studies, je montrerai que les étudiants autochtones font face aux conséquences du racisme systémique. Bien que cette recherche ait été réalisée à l’université, les résultats sont transférables au milieu collégial et permettent de comprendre en quoi le système éducatif actuel marginalise les peuples autochtones. En me basant sur ces résultats, je présenterai dans un deuxième temps mon projet de recherche postdoctorale réalisée en partenariat avec le Collège Ahuntsic, qui a mis en place des mesures « d’autochtonisation ». Ce projet vise à dégager des pistes de pratiques inclusives en milieu collégial, en classe et en-dehors des classes
Bien que l’accès à l’enseignement supérieur se soit démocratisé, les inégalités continuent à se (re)produire sur la base des rapports sociaux de sexe, de racialisation et de classe chez les personnes apprenantes (Magnan et al., 2021) comme au sein du corps enseignant et professionnel (Dutoya et al., 2019). La crise sanitaire semble d’ailleurs avoir renforcé ces inégalités, tant au regard de la conciliation travail-famille (Frederickson, 2020; Minello, 2020) ou études-famille que de l’accès aux services de soutien pédagogique ou psychologique ou à un lieu d’étude adéquat (FECQ, 2020, 2021).
Parallèlement, le principe d’équité est de plus en plus mobilisé dans les politiques institutionnelles des établissements d’enseignement postsecondaire, et par les organismes subventionnaires provinciaux et fédéraux. L’équité implique que les marqueurs identitaires ou le rapport (non traditionnel) avec les études ne doivent ni marginaliser les personnes apprenantes, ni nuire à leur projet éducatif (CSE, 2016). Plus encore, elle constitue une démarche visant à corriger les désavantages existants entre les groupes d’individus historiquement dominés et socialement opprimés à cause de ces mêmes marqueurs identitaires, et elle implique de compenser le déséquilibre et ses répercussions par des mesures spécifiques (Nassif-Gouin, Picard, Lévesque, Boivin et Blain, 2021).
Sans faire fi des concepts de diversité, d’inclusion et de pratiques inclusives, ce colloque est une invitation à réunir différents acteurs et différentes actrices des milieux d’enseignement collégial pour penser l’équité et ses liens avec nos visions, nos réflexions pédagogiques, nos façons d’aborder les rapports de pouvoir en classe ou nos envies de transformation.
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